Découvrir les registres clandestins protestants et catholiques

Les périodes de persécution religieuse ont suscité de réels troubles dans la tenue de "l’état civil". En effet les registres confiés par le roi aux autorités religieuses n’attestaient de l’existence et de l’état de chaque sujet du royaume que par le truchement des sacrements reçus, baptêmes et mariages. Toute remise en cause des ministres qui conféraient aux baptêmes ou aux mariages leur validité privait l’administration des renseignements d’état civil. De leur côté, les autorités religieuses interdites qui attiraient des dissidents, cherchèrent à relever pour leur compte les sacrements qu’elles dispensaient, en tenant des registres spécifiques, dits clandestins, qu’il est intéressant de signaler. 

  

Registres clandestins protestants

Edit de tolérance de 1787

Edit de tolérance de 1787 

Ainsi pour les protestants, pendant la période du Désert, c’est-à-dire de la révocation de l’édit de Nantes (1685) à l’édit de tolérance (1787), le culte est-il interdit. Toutefois des pasteurs, même s’ils sont peu nombreux, poursuivent la tenue de registres dans la clandestinité. S’insérant difficilement dans un classement par paroisse, on a jugé préférable de les présenter à part, sur ce site avec les archives numérisées de l’état civil, en tête de la liste alphabétique des communes de Vendée. Ils sont regroupés avec les autres actes propres aux protestants : ceux de la période régis par l’édit de Nantes (1598-1685), où les protestants disposent d’un état civil particulier ; et ceux enregistrés à partir de l’édit de tolérance de 1787. Cet édit offre de plus aux protestants un "état civil de rattrapage", peut-on dire, en leur permettant de déclarer les naissances et les mariages qui ont eu lieu pendant la période précédente. 

  

Registres clandestins catholiques

Registre clandestin du Fenouiller, 1792

Registre clandestin tenu par Goupilleau, curé du Fenouiller, en 1792 (consultation sur ce site avec l' état civil numérisé de la commune du Fenouiller)  

Sous la Révolution apparaissent de nombreux registres clandestins, catholiques cette fois-ci. Ils sont disponibles sur ce site avec  l’état civil numérisé au nom de chaque commune. On les trouvera dans la collection intitulée « état civil ». Plusieurs communes étant parfois concernées par le même registre, des indications de renvois apparaissent alors dans les notices communales. 

Votée par l’Assemblée nationale le 12 juillet 1790, la Constitution civile du clergé réorganise profondément l’Église de France en faisant notamment des évêques et des prêtres des fonctionnaires rétribués par l’État. Quelques mois plus tard, le 27 novembre, la même Assemblée exige des ecclésiastiques un serment de fidélité à la Constitution. Dans les paroisses, les prêtres réfractaires au serment constitutionnel sont alors remplacés par d’autres, dits jureurs, et considérés par une partie de la population comme des « intrus ». Les fidèles qui ne fréquentent pas ces nouveaux ministres du culte, sont inconnus de leurs registres, et certains restent sur leur réserve même après la laïcisation de l’état civil, confié aux maires fin 1792, au plus tard début 1793. On constate donc un net déficit dans l’enregistrement des actes en 1791 et 1792, qui se poursuit encore les années suivantes. 

Toutefois des prêtres réfractaires qui se sont soustraits à la déportation, reprennent leur ministère et tiennent à nouveau des listes d’actes. Bien souvent ces registres clandestins ne concernent pas seulement un ressort paroissial, mais reflètent plus largement un rayonnement pastoral. C’est la raison pour laquelle un registre peut concerner plusieurs paroisses. Les prêtres réfractaires tiennent plus facilement leur registre dans des périodes d’accalmie. Ils ont cependant le souci de rappeler les sacrements donnés dans une totale clandestinité auparavant. Aussi ne doit-on pas s’étonner du désordre chronologique de leur enregistrement tout au long de la décennie allant de 1793 à 1802 : cela correspond aux transcriptions rendues possibles à chaque sortie de clandestinité. 

Au-delà de cette période, la paix religieuse consolidée par le concordat de 1801 permet aux maires d’un côté et aux curés de l'autre, de tenir chacun des registres désormais bien différenciés, d’état civil pour les premiers et de catholicité pour les seconds. De vieilles habitudes persistent cependant et il arrive que ces derniers enregistrent des actes qu’on a négligé de notifier en mairie. C’est pourquoi ce site propose aussi la consultation des actes de catholicité de 1802 à 1820. 

  

Reconstitutions d'actes de la période révolutionnaire

Pour pallier le déficit dans l’enregistrement de l’état civil laïcisé, des reconstitutions d’actes sont menées par voie d’enquête judiciaire dès l’an X (1802), puis à nouveau entre 1815 et 1823. Ces reconstitutions sont disponibles sur ce site avec les archives numérisées de l'état civil au nom de chaque commune. 

  

  

  

Mise à jour, septembre 2012 

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