Réfugiés en Vendée entre 1939 et 1945

Plan de répartition en Vendée des réfugiés des Ardennes

Plan de répartition en Vendée des réfugiés des Ardennes, 1940. Détail pour la commune de Mézières ci-dessous (1 W 123) 

Le plan d’évacuation des populations exposées à l’ennemi, élaboré par le ministère de la Guerre dès le début de l’année 1939, attribue à la Vendée la charge de recevoir les habitants des Ardennes. C’est donc essentiellement de ce département que seront issus les réfugiés, rejoints à partir d’août et septembre 1943 par les Nantais, qui fuient les bombardements alliés. 

Dès la déclaration de guerre, en septembre et octobre 1939, arrivent les premiers réfugiés : malades, vieillards évacués des hôpitaux et des hospices. Les malades de l’hôpital psychiatrique de Hoerdt (Bas-Rhin) sont repliés vers l’hôpital psychiatrique de La Roche-sur-Yon, où ils seront rejoints par les malades de Mont-de-Marsan en 1941 et de Nantes en 1943 (pour ce sujet, consulter le fonds de l’hôpital psychiatrique de La Roche-sur-Yon, H Dépôt 5, aux Archives de la Vendée). Les enfants des orphelinats de Mézières, Charleville, Nouzonville et Sedan sont accueillis dans les hôpitaux à La Roche-sur-Yon et aux Sables-d’Olonne, ou encore dans les colonies de vacances où ils prennent la place des réfugiés espagnols, tandis que l’école normale des filles de Charleville est repliée à Luçon. Parmi les fonctionnaires repliés, Aline Rollin, professeur d’allemand, est affectée au lycée de La Roche-sur-Yon et deviendra l’interprète du préfet pendant toute la durée de la guerre. 

De septembre 1939 à mai 1940, à cette population de réfugiés de l’est de la France s’ajoute des nouveaux venus essentiellement en provenance de la région parisienne, comme ces enfants qui s’installent dans une colonie de vacances à Saint-Gilles ou le personnel de la compagnie d’assurances l’Union, transférée aux Sables-d’Olonne. C’est aussi aux Sables-d’Olonne que se cachera, au tout début de la guerre, en tant que juif, le père de l’écrivain Patrick Modiano (fait relaté dans l’autobiographie de l’auteur, « Un pedigree », mais dont les archives ne gardent pas de traces) et plus tard le romancier Georges Simenon, en 1942, après un premier séjour au château de Terre-Neuve, à Fontenay-le-Comte, puis aux Sables-d’Olonne. 

Les réfugiés restent toutefois peu nombreux pendant la période de la « drôle de guerre ». Le véritable exode n’a pas encore eu lieu et le gouvernement procède à des modifications dans le plan de répartition des réfugiés. En mars 1940, un nouveau plan de répartition n’attribue plus que le seul arrondissement de Mézières-Charleville à la Vendée, soit 82 000 personnes provenant de 107 communes. Les Ardennais des arrondissements de Sedan, Rethel et Vouziers sont invités à rejoindre les Deux-Sèvres. 

Le 10 mai 1940, les premiers ordres d’évacuation sont donnés dans le département des Ardennes quand a lieu l’offensive allemande contre la Belgique et les Pays-Bas Le 13 mai 1940 a lieu l’offensive allemande sur les Ardennes. Du 10 au 15 mai, le département verra sa population se vider de sa quasi-totalité et arriver en Vendée dans des colonnes désorganisées par la guerre éclair que mènent les Allemands. Le préfet des Ardennes arrive en Vendée le 22 mai et installe ses services à Sainte-Hermine. 

On estime le nombre de réfugiés ardennais à 82 000, qui seront répartis sur les 306 communes du département. 

Ce guide de recherche permet d’aborder des dossiers généraux sur l’accueil des réfugiés (préparation, déroulement, fonctionnement du service des réfugiés, relations de la préfecture avec les maires du département, statistiques). 

Il permet aussi de retrouver la trace d’un réfugié, principalement par la consultation des dossiers leur attribuant une allocation (dossiers alphabétiques, 26 W 34-88 ou états de paiements des allocations et des attributions vestimentaires, 26 W 90-119). La consultation de la correspondance du service des réfugiés avec les municipalités (26 W 10-18) peut donner des informations sur des particuliers, dont on aura identifié le lieu de résidence en consultant le plan de répartition (1 W 123). 

Il faut toutefois souligner que la population des réfugiés a surtout pour objectif de rentrer chez elle. Dès la fin juin 1940 ont lieu les premiers retours qui vont s’intensifier à partir de février 1941. Au recensement de septembre 1941, il ne reste plus en Vendée que 24364 réfugiés allocataires, originaires de 26 départements, dont 20 566 ardennais. En janvier 1943, leur nombre n’est plus que de 5757. Les archives gardent peu de témoignages de ces retours : pour ceux-ci on consultera en premier lieu la liasse 1 W 121, qui contient les demandes de laissez-passer, obligatoires pour les départs, et les références 26 W 7 et 123, sur l’organisation du retour. 

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