14-18 : l’exil des Filles de la Sagesse aggravé par l’occupation allemande

Le document de ce mois, au titre percutant, « Récit de nos quatre années d’esclavage chez les Boches », est de la plume d’une Fille de la Sagesse, Sœur Laurentius, qui le destinait à sa famille. Elle en était éloignée depuis une quinzaine d’années et totalement coupée depuis quatre. Elle y décrit la vie durant l'occupation allemande, jusqu'à l'assaut final des alliés contre la ville. 

Envoyée par sa congrégation en Belgique dès sa profession, c'est-à-dire bien avant que la rejoignent des consœurs enseignantes expulsées de France par les lois anti-congréganistes du début du siècle, Sœur Laurentius vit à Mons, en Belgique, où sa congrégation avait un couvent et faisait la classe. Déjà septuagénaire, sans doute n’enseignait-elle plus quand elle fut piégée par l’invasion allemande, en 1914, aussitôt suivie d’une occupation d’autant plus rigoureuse que le front n’était pas très loin. 

Son récit, dans les semaines suivant l’armistice, et donc la libération du 11 novembre 1918, cherche à renouer avec sa famille de la Vendée deux-sévrienne (Saint-Amand-sur-Sèvre), en livrant des anecdotes sur les épreuves de sa vie quotidienne marquée par les exigences arbitraires de l’ennemi et, à la fin, par les bombardements et même des combats en ville. Le bannissement, puis l’asservissement à l’ennemi, et au bout du compte l’assaut de la ville, voilà trois épreuves dont le cumul tout récent explique la rudesse du propos. Les Allemands sont ici encore des « Boches », comme le voulait la rhétorique nationaliste et guerrière confirmée par les souffrances de la guerre. Et « l’esclavage » n’est pas ici « le saint esclavage » auquel sont appelés les disciples du Père du Montfort, mais bien la rude soumission au joug brutal du Reich. 

Une copie de ce récit a rejoint récemment les archives des Filles de la Sagesse, réunies depuis la mi-2015 à la maison-mère de Saint-Laurent-sur-Sèvre où les a complétées le fonds historique parti à Rome il y a plus d’un demi-siècle, lorsque la maison généralice y fut transférée. Ces archives sont désormais gérées avec le concours des Archives départementales, dans le cadre d’un partenariat destiné à favoriser leur mise en valeur et l’ouverture de nouvelles sources relatives à l’histoire de la Vendée. De fait, la mise en ligne des inventaires va se faire progressivement. 

   

Consulter le « Récit de nos quatre années d’esclavage chez les Boches » et son commentaire 

Date de publication : 26 mai 2016

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