Le Bottin tourne la page

L’édition 2020 de l’annuaire des pages jaunes sera la dernière 

Les derniers exemplaires des annuaires téléphoniques au format papier viennent d'être distribués. Cette disparition est l'occasion d'évoquer les collections d'almanachs et d'annuaires conservées aux Archives de la Vendée, car ce sont des ouvrages de référence qui fourmillent de renseignements divers. 

  

Almanach royal pour 1747 [BIB 5 G 53] 

Le premier annuaire est né au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Sébastien Bottin, son créateur, s'inspire de l’Almanach royal, qui fut fondé en 1683 et publié sous différents titres jusqu’en 1919. Ce titre fondateur offre un état complet de l'administration française, ainsi que des indications météorologiques, agricoles ou médicales, et des informations pratiques sur les foires et marchés, les fêtes, le départ des courriers ou des diligences, etc. L’exemplaire le plus ancien conservé aux Archives date de 1747. Les grandes villes et les provinces, dont le Poitou, publièrent leurs propres éditions. À titre d’exemple, les Archives conservent une quinzaine d’éditions de l’Almanach du Poitou pour le XVIIIe siècle. 

  

Sous Louis XIV, apparaissent également des États de la France, qui recensent les noms des membres des maisons royales, princières et des différentes institutions de l’Ancien Régime. Cette publication est supérieure à l’Almanach royal mais sa lourdeur de maniement, l'importance de la tâche et les ressources nécessaires à son élaboration ont éloigné de lui tant les éditeurs qu'un public qui lui préféra l’Almanach royal, plus succinct, plus maniable, moins onéreux. Les Archives en conservent une collection fragmentaire entre 1650 et 1752. 

  

Bottin 1964. Départements [ADM C 129/1-3]. Les pages locales sont numérisées de 1886 à 1964. 

L'Annuaire du commerce Didot-Bottin, dont les pages vendéennes sont accessibles en ligne pour la période 1886-1964, est l'ancêtre des pages jaunes modernes. Cette publication est une source de premier choix pour toute recherche sur le commerce et l’industrie, mais aussi l’histoire des institutions du département aux XIXe et XXe siècles. On y trouve notamment les noms et les adresses des commerçants et des artisans de chaque commune, mais aussi ceux d'un nombre croissant d'habitants. 

  

En concurrence du volumineux Didot-Bottin, des annuaires départementaux vont se multiplier au XIXe siècle : l'édition vendéenne, apparue en 1863, est numérisée de 1865 à 1926. 

  

Les Archives de la Vendée conservent des annuaires téléphoniques de 1914 à 2020 [ADM PC 84] 

Ce sont ces publications qui inspireront les premiers annuaires téléphoniques dans les années 1880, alors que les premiers centres de communication voient le jour. À cette époque, les utilisateurs recensés sont peu nombreux. Mais, avec le développement des communications, l’annuaire téléphonique est édité de plus en plus régulièrement, jusqu’à l’être annuellement. En 1889, le ministère des Postes, télégraphes et téléphones publie la première liste officielle des abonnés aux téléphones ; ils sont environ 700 en Vendée en 1914, date du plus ancien annuaire présent dans les collections (BIB ADM PC 84). 

  

Utile pour localiser un commerce ou une entreprise ou dater une nomination, les almanachs et annuaires permettent aussi d'étudier la répartition géographique d'une profession, la mobilité d'une famille, le renouvellement des habitants d'une commune ou encore la chronologie de la diffusion du téléphone sur le territoire. 

Date de publication : 19 février 2020

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