Les Archives de la Vendée récompensées par la Société française d’histoire des hôpitaux

Sœurs pendant le repas des enfants à Hôpital Justinien, Haïti (FDLS RH 1-4)  

La publication en ligne des chroniques générales des Filles de la Sagesse a reçu un prix de la Société française d’histoire des hôpitaux, décerné par le jury de la session 2018. Ce concours, organisé par cette association en partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, est destiné à encourager la connaissance de l’histoire des hôpitaux, et plus largement celle des établissements d’assistance, de bienfaisance et de charité qui sont à l’origine de l’institution hospitalière. 

La remise des prix a eu lieu à Paris, le mercredi 30 mai. 

Le travail récompensé a été réalisé dans le cadre du partenariat passé entre la congrégation des Filles de la Sagesse et les Archives départementales. 

  

La congrégation des Filles de la Sagesse a été fondée à l’hôpital général de Poitiers en 1703 par Marie-Louise Trichet et Louis-Marie Grignion de Montfort. La sépulture du missionnaire, décédé en 1716 au cours de l’une de ses missions à Saint-Laurent-sur-Sèvre, fit rapidement l’objet d’un culte, et Marie-Louise Trichet décida en 1720 de s’installer dans cette paroisse où se trouve toujours la maison-mère de la congrégation qui prit rapidement de l’ampleur : 60 communautés furent fondées du vivant de la fondatrice. Issue d’un hôpital général de grande ville, la congrégation conserva trois siècles durant une forte implantation dans les hôpitaux, même si elle prit aussi en charge d’autres missions, tournées vers le soin aux pauvres et l’enseignement dans les villes ou les campagnes du grand Ouest de la France comme du Nord et, dès la fin du XIXe siècle, sur tous les continents. Le traité passé entre Marie-Louise Trichet et l’hôpital de Poitiers a servi de modèle à bien des hôpitaux français aussi longtemps qu’ils s’appuyèrent sur des communautés religieuses. L’hôpital est donc bien un aspect marquant de l’histoire des Filles de la Sagesse. 

La Révolution devait le confirmer de façon étrange. L’hôpital de Brest servit de refuge aux religieuses et permit à la congrégation de se maintenir, puis de repartir de plus belle dès le début du XIXe siècle. Leur vocation hospitalière attira l’attention du gouvernement qui se tourna vers elles, dès le Consulat, pour s’occuper des hôpitaux militaires, ceux de la Marine comme à Brest, mais aussi Toulon ou Boulogne, et encore ceux de l’Armée de Terre qui les amenèrent jusqu’à Anvers à la fin de l’Empire. La congrégation, qui formait des hospitalières en une année à Saint-Laurent, les envoyait aussitôt essaimer là où le gouvernement en demandait. Le préfet encourageait la supérieure à accueillir de nouvelles recrues, même s’il pleuvait toujours dans les bâtiments ruinés, lui promettant des subsides pour restaurer et agrandir le couvent qui n’a cessé de croître jusque dans les années 1950. Les Filles de la Sagesse, dont les promotions étaient déjà chaque année plus importantes avant la Révolution, ont atteint un nombre qui s’est maintenu entre quatre à cinq mille religieuses dès le début de la IIIe République et jusque dans les années 1970. On en dénombre aujourd’hui environ 20.000 depuis l’origine. 

Salle des malades à l’hôpital-hospice des Cayes, Haïti (FDLS RH 1-8)  

Soucieuses de renouer avec leur histoire et de se placer dans la tradition ouverte par le Père de Montfort et la Mère Marie-Louise Trichet, les Filles de la Sagesse se sont employées dès la Restauration à écrire leur histoire. Non sans mal, elles ont reconstitué les registres matricules des religieuses et leurs registres d’obédience qui permettent de suivre leur parcours d’un établissement à un autre (voir la base d’indexation nominative Congrégations de Vendée). Elles ont aussi trouvé en Sœur Agathange une véritable historienne. Ses douze volumes de chroniques (5.130 pages manuscrites in-4° pour la période 1703-1866) forment la tête d’une collection qu’il n’y avait plus ensuite qu’à tenir à jour, comme le veut la tradition des communautés religieuses. 

Quasiment jamais utilisées, ces chroniques n’ont pas fait l’objet de publication et demeuraient jusqu’à il y a peu difficiles d’accès. Leur numérisation et leur mise en ligne s’accompagnent, pour les trois premiers volumes (1703-1810), d’un résumé analytique, assez proche du texte. Il a été réalisé aux Archives de la Vendée par Mme Anne Billy. Il peut être interrogé par les moteurs de recherche, attirer l’attention sur le contenu des chroniques et y renvoyer précisément. 

Ont été également mis en ligne les registres récapitulatifs de correspondance avec les autorités, tenus entre 1815 et 1850 mais comportant bien des copies de pièces antérieures, des historiques de chaque établissement, ouverts au milieu du XIXe siècle et mis à jour jusqu’au milieu du XXe, ainsi que des documents iconographiques. Un inventaire détaillé, cette fois-ci pas forcément accompagné d’images liées, est en cours pour les dossiers des établissements. 

  

Consulter les instruments de recherche : 

Membres de la Congrégation et historique des établissements tenus par les sœurs 

Documents iconographiques illustrant l’action et les œuvres de la congrégation 

Relevés des registres nominatifs (professions prononcées jusqu’en 1931) 

Date de publication : 07 juin 2018

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