Provenances de la bibliothèque des Archives

Ex-libris d'Alain de Goué (1879-1918), propriétaire du logis de la Chabotterie, qui montre un homme essayant de tenir Cupidon hors de son cabinet d'étude. 

On peut définir la provenance comme toute trace sur un livre, ou en dehors de celui-ci, permettant d’établir la chronologie de sa production, de sa propriété ou de sa localisation, et de retracer ainsi, autant que possible, son histoire. 

Souvent méconnue, parfois ignorée, la qualité d’un propriétaire peut pourtant faire une différence considérable sur la valeur culturelle et financière d’un ouvrage. Les marques de provenances prennent des formes multiples, et sont portées aussi bien à l’intérieur que sur le livre ; quelles sont-elles ? 

  

LES MARQUES DE POSSESSION

L’usage d’inscrire le nom du possesseur sur la reliure (plats, dos ou tranches), en toutes lettres ou par apposition d’initiales, existe depuis le Moyen Âge. On voit parallèlement se développer, à la fin du XVIe siècle, les reliures armoriées, autrement dit les reliures marquées du blason du propriétaire de l’ouvrage. 

Les pages de garde et les feuillets liminaires sont les autres lieux d’élection des marques de possession. Celles-ci sont placées par des particuliers ou des institutions (établissements scolaires, ecclésiastiques ou culturels). Plus de 1800 exemples sont actuellement recensés dans la bibliothèque des Archives de la Vendée. La forme la plus simple et la plus fréquente est celle d’une simple mention manuscrite du nom, accompagnée parfois d’une formule « j’appartiens à » ou « ex-libris », évoquant parfois « et amicis ». Les ex-libris gravés, le plus souvent héraldiques, se multiplient au XVIIe siècle et envahissent les livres après 1700. À partir du XIXe siècle, les bibliothèques recevant du public ont également utilisées des étiquettes collées sur le dos des livres. 

Reliure armoriée non identifiée du XVIIe siècle : écartelé à trois quintefeuilles, surmonté d'un chapeau duquel pend, de chaque côté, un cordon (insignes ecclésiastiques) ("Strabonis Rerum geographicarum libri XVII", 1620 - BIB 1G 446)  

Reliure armoriée en veau blond du 18e siècle. Le blason n'est pas identifié ("La venerie de Jaques Du Fouilloux...", 1614-1618 - BIB RES 243) 

Ex-libris ms. de l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm portant la date d'acquisition "1698" et la cotation sous la lettre de "P" du cadre de classement ("Histoire de S Gregoire le Grand...", par Dom Denys de Sainte-Marthe, 1697 - BIB 1G 22) 

Ex-libris ms. du Chapitre de Luçon daté de 1783 sur un Coran en latin de 1550 (BIB 1G 35) 

Juxtaposition de plusieurs marques de possession : un ex libris ms. et un ex-libris gravé et armorié ("Demosthenis et Aeschinis, principum graeciae oratorum opera..." Per Hieronymum Wolfium, 1607 - BIB 1G 196) 

Ex-libris armorié, et daté de 1702, de Michel Begon. Intendant de la généralité de La Rochelle puis de l'île de Saint-Domingue sous le règne de Louis XIV, Michel Begon (1638-1710) fut un grand bibliophile ("Histoire de Charles VII, roi de France" par Jean Chartier..., 1661 - BIB 1G 383) 

Ex-libris armorié du Vicomte Paul de Chabot (1864-1950) (Bibliothèque du vicomte Paul de Chabot - BR) 

Ex-libris gravé d'Emile Brethé (1903-1997) figurant une fontaine, emblème de la ville de Fontenay-le-Comte (Bibliothèque Émile Brethé - BIB 5G) 

Étiquettes de cotation de la bibliothèque du lycée de La Roche-sur-Yon (Bibliothèque historique du lycée de La Roche-sur-Yon - BIB 1G) 

  

LES EXEMPLAIRES DE PRÉSENT

L’offrande d’un livre est un geste très ancien. Là encore, la trace de don la plus courante est celle d’une simple mention manuscrite du nom du donateur, accompagnée parfois d’une formule « ex-dono » ou d’une dédicace personnalisée (ou envoi). Près de 700 exemplaires sont actuellement recensés dans la bibliothèque des Archives. 

Ex dono ms. de Mgr de Lescure, évêque de Luçon, au Chapitre de Luçon ("La vie de saint Jean Chrysostome...", 1664 - BIB 1G 21) 

Envoi de Georges Clemenceau à son éditeur Pierre-Victor Stock ("Aux embuscades de la vie" par Georges Clemenceau, 1903 - BIB RES 265) 

  

LES EXEMPLAIRES ANNOTÉS

Bien peu de livres ont traversé les siècles en échappant à toute marque, en relation ou non avec leur contenu : soulignements, manchettes (notes marginales), notes de lecture, commentaires personnels, corrections, traces de censure, visas, annotations liées à l’exercice d’une profession ou d’une activité. Ces marques sont multiples et de tous ordres, et prennent un intérêt supplémentaire quand on en connaît l’auteur. 

Autorisation accordée par le Père Supiot, supérieur des Filles de la Sagesse, à Soeur Saint-Leufroy (Marie Breillot, 1772-1856) d'utiliser cette bible (Bibliothèque de la Sagesse) 

Ex-dono et exemples d'annotations manuscrites sur l'ouvrage "Généalogie de la maison de Lespinay" par léon Maitre, 1891 - BIB 1571) 

   

› Découvrir les principaux fonds d’imprimés comportant des marques de provenance : 

Date de publication : 25 avril 2019

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