Silence, on tourne ! … en Vendée

Le 70e festival de Cannes, qui bat son plein en ce moment, est l’occasion de découvrir les liens, nombreux, entre la Vendée et le cinéma, et ce, grâce à deux ouvrages parus ces dernières années : Ernest Carteau : au temps des Ciné Palaces et la folle histoire du cinéma en Sud-Vendée de 1897 à 2010, de Daniel Taillé, publié par l’Association Cinémathèque des Deux-Sèvres en 2013 (BIB C 1169) et Vendée, terre de cinéma : "mon" dictionnaire du 7e art en Vendée, de Philippe Gilbert, paru aux éditions du Petit Pavé en 2016 (BIB B 5463). 

  

Les premières "projections animées" publiques sont présentées à La Roche-sur-Yon le 4 octobre 1896. Luçon et Fontenay-le-Comte découvriront cette nouvelle attraction sept mois plus tard, relate Daniel Taillé. Simultanément, le département est le décor de la première captation d’un voyage officiel d’un chef d’Etat, Félix Faure

Dans les années 1930, les actrices vendéennes Florelle (à laquelle l’écrivain Jean Huguet a consacré en 1997 une biographie intitulée Florelle : Odette Rousseau, une femme libérée, BIB C 868/8) et Gaby Morlay sont en tête du box-office. 

De La terre qui meurt sorti en 1925, réalisé à Sallertaine, aux Vacances du petit Nicolas, tourné en 2013 à Noirmoutier, la liste est longue des films ayant pour cadre la Vendée. Arrêtons-nous sur quelques-uns, parmi ceux conservés à la Cinémathèque de Vendée (droits réservés).  

  

"L’histoire de la ferme du pendu"

La Vendée libre (1946), article intitulé "L’histoire de la ferme du pendu" ( 4 Num 419/3, vue 44/166)  

La ferme du pendu (1945), de Jean Dreville

Le film, tourné dans la région de Pouzauges, avec Charles Vanel et Bourvil à ses débuts, relate un drame paysan. Il est l’adaptation d’un roman sulfureux de Gilbert Dupé (un exemplaire est conservé aux Archives sous la cote BIB A 97). Sa sortie provoqua la colère des milieux catholiques. La presse relate qu’un groupe de personnes tenta même d’interrompre la projection du film à Chantonnay. 

Les vieux de la vieille (1960), de Gilles Grangier

Narrant l’histoire de trois papys qui font de la résistance en s’évadant de leur maison de retraite, le film est interprété par Jean Gabin, Pierre Fresnay et Noël-Noël. La maison de retraite est celle de La Chaize-le-Vicomte, de nombreuses scènes étant par ailleurs tournées à Apremont. Philippe Gilbert précise dans son ouvrage que Gilles Grangier connaissait bien la Vendée pour avoir passé de nombreuses vacances dans la maison familiale de Saint-Jean-de-Monts. 

  

Les créatures (1965), d’Agnès Varda

Film fantastique en noir et blanc, avec quelques apparitions de la couleur, il met en scène Catherine Deneuve et Michel Piccoli et raconte une double histoire : la vie d’un couple et la naissance d’un roman. Il a pour cadre l’île de Noirmoutier, où Agnès Varda et Jacques Demy séjournèrent régulièrement, y possédant un moulin. 

cinéma Le Tigre à Sainte-Hermine

Carte postale du cinéma Le Tigre, à Sainte-Hermine (6 Fi 888)  

L’arbre, le maire et la médiathèque (1993), d’Eric Rohmer

Ce film de recherche narre l’histoire d’un maire socialiste de Saint-Juire-Champgillon, qui veut doter son village d’une médiathèque. L’instituteur s’insurge contre le projet, qui implique l’abattage d’un arbre planté sur le terrain. Les habitants, explique Philippe Gilbert, furent mis à contribution, jouant parfois leur propre rôle, comme le garde-champêtre. Réunissant Fabrice Luchini, Arielle Dombasle et Pascal Greggory, le film fut présenté en avant-première le 6 mars 1993 au cinéma Le Tigre à Sainte-Hermine. 

  

  

Gros plan sur Gilbert Prouteau (1917-2012)

L’écrivain vendéen originaire de Nesmy, auteur d’une cinquantaine de livres, dont certains présents dans la bibliothèque des Archives, dit être arrivé au cinéma grâce à Jean Cocteau. Il a réalisé une quinzaine de films, dont La vie passionnée de Georges Clemenceau, en 1953. Si Prouteau est l’un des seuls à avoir osé mettre en scène le Tigre, l’importance du film tient surtout au fait qu’il est le premier à mêler des séquences de tournage et des séquences d’archives. Pressenti pour un prix spécial par Cocteau, président du festival de Cannes cette année-là, le film ne sera finalement pas présenté, mais remportera le Grand Prix du festival d’Edimbourg quelques mois plus tard. 

Prouteau réalise également en 1969 Dieu a choisi Paris, où Jean-Paul Belmondo, jeune reporter, traque les personnalités célèbres du XXe siècle ayant vécu dans la capitale. Là encore le réalisateur a l’originalité de mêler fiction et séquences d’archives, retrouvées dans les réserves des grandes cinémathèques européennes. 

Extrait d'un hommage rendu au vendéen Gilbert Prouteau le 28 janvier 2000 à Nesmy (8 Ci 113) suivi d'un extrait de son film "La vie passionnée de Georges Clemenceau" (1953, 134 Ci 1)
 

  

La liste de l’ensemble des films tournés en Vendée est disponible sur le site de la Cinémathèque. 

Date de publication : 24 mai 2017

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