Un secret du savant Dr Baudouin sera dévoilé le 14 octobre prochain (2018)

Portrait du Dr Marcel Baudouin dans le "Dictionnaire biographique et album de la Vendée" (BIB 1544) 

Le Dr Marcel Baudouin (1860-1941) demeure une grande figure savante de la Vendée. Médecin, archéologue, naturaliste, journaliste scientifique, anthropologue, il se voulait avant tout préhistorien et il a fondé la Société préhistorique française – il a de fait multiplié les identifications de mégalithes en Vendée et a même fait placer un menhir sur sa tombe. Attaché à toute trace primitive (antechrétienne ?), il s’est passionné pour les légendes, mœurs, us et coutumes et en général le folklore. On lui doit aussi bien un avis d’ethnologue sur l’origine du double cœur vendéen qu’un ouvrage circonstancié sur le maraîchinage, ces libertés entre jeunes gens et jeunes filles vécues à l’abri d’un grand parapluie. Il les a observées dans le Marais breton-vendéen. D’innombrables cartes postales se sont alors durablement emparées de ce thème pittoresque érigé en fait social. 

  

La notoriété du Dr Baudouin reposait sur une importante bibliographie (il a même publié en 1886, dans Le Progrès médical, une étude sur le cerveau de Gambetta), mais aussi sur un musée, ouvert chez lui, en son "castel maraîchin" de Croix-de-Vie, et malheureusement disparu après lui. Les Archives départementales disposent de ses papiers – une cinquantaine de mètres linéaires tout de même – et la documentation du musée des Sables d’Olonne, de son fonds photographique. 

  

  

Que peut contenir le pli cacheté du Dr Baudouin et pourquoi l’a-t-il déposé à l’Académie ?

L’Académie des sciences conserve de lui un pli cacheté qui sera ouvert dans sa séance du 14 octobre prochain (2018). Depuis 1732, cette académie offre en effet au public la faculté de protéger ses inventions en les lui confiant sous pli cacheté. Ces derniers ne permettent pas d’en établir un brevet mais de justifier éventuellement une antériorité. Les plis demeurent à tout moment à la disposition de leurs auteurs ou sont ouverts par les académiciens cent ans après leur dépôt.  

Comme le veut toujours le règlement de l’Académie, deux petites lettres d’envoi adressées à son président et datées du 11 octobre 1918 accompagnaient ce pli cacheté. L’Académie des sciences dispose donc d’archives vendéennes ! Ses inventaires disponibles en ligne signalent par exemple la correspondance de Réaumur, particulièrement des lettres semble-t-il tout à fait inconnues du Dr Baron de Luçon, de Cardin de Fontenay-le-Comte, de Rigollet, prieur de Palluau, et du Dr Charles René Gérard de Villars.  

Les deux lettres du Dr Baudouin donnent pour adresse le 21, rue Linné, à Paris. L’une est à en-tête de la Société préhistorique française qui a son siège à cette adresse, l’autre est un papier d’ordonnance du Dr Baudouin lui-même, ancien interne des hôpitaux de Paris, qui annonce recevoir ses patients les lundis et jeudis après-midi ou sur rendez-vous, au même lieu. La Société préhistorique siégeait donc ordinairement dans son cabinet. Le Dr Baudouin prévient dans l’une et l’autre que son pli est « relatif à une découverte préhistorique réalisée en août 1918 sur les côtes de Vendée, dans un gisement sous-marin [sic]. »  

Craignait-il de ne pouvoir publier à temps sa découverte, importante à coup sûr, en raison de la désorganisation que la guerre encore en cours procurait aux activités savantes ? On n’en saura pas plus avant le 14 octobre prochain, jour où sera brisé le scellé.  

Sur le Dr Marcel Baudouin, voir la courte notice biographique donnée par Gaston Godard en 1999 dans le numéro 6 de la revue "Recherches vendéennes", p. 275-278.  

Papier d’ordonnance du Dr Baudouin  

Lettre à en-tête de la Société préhistorique française  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

   

  

Lire la suite, le secret du savant Dr Baudouin dévoilé :  Les Giras du Girien. Une nouvelle civilisation néolithique identifiée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie  

Date de publication : 04 octobre 2018

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