28 mai 2016 : retour sur l'inondation de l'annexe des Archives de la Vendée

Magasin inondé le 28 mai 2016  

28 mai 2016 : violent orage à La Roche-sur-yon

Dans l’après-midi du samedi 28 mai 2016, des pluies torrentielles s’abattent sur La Roche-sur-Yon pendant plus d’une heure, touchant un bâtiment annexe des Archives départementales situé en périphérie de la ville. L’eau s’infiltre alors par le toit, le chéneau ne suffisant plus à évacuer ce volume inhabituel d’eau. Elle ruisselle le long des murs de deux magasins d’archives, et s’infiltre par des fissures dans le plafond. 

Les sols de deux magasins d’archives sont partiellement inondés ;  du plafond du magasin supérieur, l’eau ruisselle sur les boîtes d’archives, se frayant un passage dans les montants des rayonnages communs aux deux magasins. 

Le compteur électrique coupé, le sauvetage d’urgence commence dans l’heure suivant l’événement : le personnel des Archives, aidé des pompiers, aspire l’eau répandue au sol puis transfère les boîtes et liasses touchées vers une salle située au rez-de-chaussée. 

En parallèle, une batterie de déshumidificateurs est installée dans les magasins d’archives, afin de pomper l’humidité ambiante, mais aussi d’extraire l’eau présente dans les liasses et boîtes.  

  

Des fonds d’archives contemporaines touchés

Les fonds touchés, soit 300 ml, sont exclusivement des archives contemporaines de 1939 à 2007, provenant d’administrations du Département, de l’Etat et d’organismes publics. Ils étaient en cours de cotation au moment du sinistre. Dès le dimanche, tandis que le climat des magasins est surveillé de près, les archives commencent à être étalées pour permettre un séchage rapide. Les jours qui suivent, des milliers de feuilles de papier absorbant sont disposés entre les pages des registres et liasses les plus mouillés afin de les assainir au plus vite, cette tâche étant fréquemment renouvelée. 

Par ailleurs toutes les boîtes humides sont enlevées et évacuées. 

Cette opération mobilise tout le service, opportunément plus disponible que d’habitude : la salle de consultation du site principal est en effet en travaux, suite à un premier dégât des eaux, survenu trois mois plus tôt. 

   

L’assèchement de l’atmosphère : la clé du sauvetage

Archives en cours de séchage après la pose de papier absorbant. 

Le lundi des déshumidificateurs plus puissants sont installés en complément dans les magasins afin de faire descendre l’hygrométrie en-dessous de 50 %, l’idéal étant de maintenir l’humidité à 40 % durant trois semaines. L’objectif est d’éviter une infestation de champignons, risque majeur dans ce genre de situation. Le nettoyage des archives jugées poussiéreuses est aussi effectué sans attendre, afin d’éliminer les niches potentielles d’infestation. 

La moitié des fonds touchés a séché en moins de vingt-quatre heures. Un quart était sec au bout de quarante-huit heures. Au final, 76 ml d’archives ont demandé davantage de soins.   

Les contrôles très fréquents de la température et de l’humidité ambiantes permettent de constater une baisse régulière de l’humidité qui se maintient entre 45 et 40 %. Les grands déshumidificateurs sont maintenus sur place jusqu’à mi-juillet. 

  

L’heure du bilan

L'inondation s'est faite par ruissellement sans "baignade", ce qui a limité l'imprégnation en eau. Une nouvelle fois, le rôle essentiel des conditionnements, notamment des boîtes d’archives a pu être démontré : dans un premier temps, les cartons retiennent l’humidité, protégeant les archives, en jouant leur rôle de barrage face à l’humidité ambiante ; dans un second temps, ils la restituent dans l’air grâce à l’installation d’un système puissant de déshumidification. De nouveaux conditionnements sont venus depuis remplacer ceux qui avaient été touchés par l’eau. 

Par chance, les encres des documents touchés ont très peu diffusé et le constat a été fait d’un avantage certain à assécher le papier rapidement : cela semble permettre également de maintenir en état les encres. 

Enfin, la capacité à pouvoir mobiliser aussitôt le personnel des Archives, mais aussi d’autres services du Département,  paraît essentielle. Il s’agit d’avoir alors l’attitude appropriée à ce genre de situation : faire le bilan de l’état de milliers de documents, évacuer les boîtes humides, étaler les documents, poser des feuilles de papier absorbant entre les pages humides, veiller à l’intendance de l’opération. 

Plus vite ces opérations sont engagées, moins forts sont les risques de dégât. On notera qu’aucune restauration n’a été nécessaire malgré les nombreux documents exposés à l’eau. Ce sinistre continue de nous apprendre sur l’organisation de la conservation des archives, par temps humide, mais aussi par temps sec ! 

Date de publication : 28 juillet 2016

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