Habemus Carolum !

Abbé Grelier

Portrait de l’abbé Charles Grelier avec la croix mérovingienne trouvée dans l’église de Challans, 1913 (266 J 1) 

L’inventaire des papiers de l’abbé Charles Grelier 

Nous avons Charles ! Et qui donc est Charles ? Mais l’abbé Charles Grelier : prêtre, hagiographe, historien du marais breton vendéen, archéologue, érudit, archiviste… Un touche-à-tout qui a consacré sa vie à son marais et qui eut la bonne idée de léguer ses archives au Département.  L’inventaire du fonds Grelier (60 J) vient d’être publié dans une nouvelle version, plus détaillée, et enrichie de documents numérisés. 

Alors, comme l’abbé Grelier, se réjouissant de l’arrivée d’un guide spirituel à la tête de la paroisse : « Habemus Rectorem » (Chronique paroissiale de Notre-Dame de Challans, 60 J 221, 10 mars 1922, nomination de l’abbé Henri Goupil, curé-doyen de Challans), réjouissons-nous, nous avons Charles. 

  

Charles Grelier naît le 30 juin 1879 à Challans dans une famille de commerçants. Son père, Gildas Grelier, est issu d'une famille maraîchine. Né lui aussi à Challans, il y tient un commerce d'épicerie et s'implique dans la vie locale : conseiller municipal (1904-1925) et maire de Challans (1912-1919). Il est aussi vice-président de la Chambre de Commerce de la Vendée de 1909 à sa mort en 1935. La mère de Charles Grelier, Eugénie Laveau (1855-1925), est née et a grandi à La Rochelle. Femme très pieuse, elle se dévoue pour les "bonnes œuvres".   

  

Un prêtre

Charles Grelier prend très jeune conscience de sa vocation et ses parents, fervents catholiques, s'en réjouissent. Sa vocation religieuse est maintes fois contrariée par sa santé fragile : il est finalement ordonné prêtre dans le diocèse de La Rochelle en juin 1908. 

A la Toussaint 1908, il est appelé par le curé-doyen de Challans, le chanoine Freland, à remplacer l'abbé Boucard, prêtre habitué. L'abbé Grelier exerce, tout au long de sa vie religieuse, cette fonction non officielle d'auxiliaire dans plusieurs paroisses du marais : à Challans, à Sallertaine, à Commequiers et à Saint-Christophe-du-Ligneron notamment.  

  

Un hagiographe

Sa vocation religieuse le pousse vers les études bibliques, et c'est principalement à Challans qu'il mène ses travaux. Pieux et très versé dans le culte des saints, il s'intéresse plus particulièrement à saint Symphorien et au bienheureux Jacques-Augustin Robert de Lézardière, dont le souvenir demeure dans la paroisse.   

  

Un historien et un archéologue

Son goût pour l'histoire et l'archéologie naît auprès de l'abbé Louis Teillet, alors vicaire de Challans (1884-1891). Il se passionne pour Challans et plus largement pour le Marais breton. En 1897, la construction d'une nouvelle église à Challans et surtout la démolition de l'ancienne, offrent au jeune Charles l'occasion de rédiger ses premiers travaux et de réaliser ses premières fouilles. C'est ainsi qu'il sauve la croix mérovingienne qui sera ensuite scellée dans un mur de la nouvelle église. Poursuivant ses travaux archéologiques, il participe activement au sauvetage et au classement de l'église de Sallertaine.  

  

Un érudit et un archiviste

Rapidement, sa correspondance en atteste, l'abbé Charles Grelier fait figure de référence pour l'histoire du Marais breton et du clergé vendéen. L'archiviste départemental comme l'évêque de Luçon font régulièrement appel à sa science et à son importante documentation. 

En effet, son érudition et la facilité avec laquelle il accueille tous les chercheurs en font une figure locale, entourée d'un cercle de plus en plus étendu de collaborateurs : Guy Perraudeau pour la région des Sables, Hubert Taillé, Georges Staës (aux Archives nationales), ainsi qu'un réseau de prêtres, curés et autres religieux. Cette position lui permet de sauver, de valoriser et d'intégrer à ses collections nombre de fonds d'archives familiales ou personnelles (Boux de Casson, Merland, abbé Teillet, Charles-Edouard Gallet...).   

  

Abbé Grelier

Portrait de l’abbé Charles Grelier (266 J 1) 

Un homme

L'abbé Charles Grelier aura été jusqu'à sa mort un homme fidèle. 

Fidélité à ses parents, qu'il continue à vénérer ; fidélité à ses amis avec qui il correspond jusqu'à la fin de sa vie, et ce malgré de très gros problèmes de vue ; fidélité à la ville de Challans, qu'il regagne toujours, et enfin fidélité à ses convictions, ses papiers le montrent attaché aux traditions tant d'un point de vue politique que sur le plan religieux. 

Il s'éteint à Challans en 1968, au 30 de la rue Carnot, où il a vécu presque toute sa vie. 

  

Consultez l’inventaire des papiers de l’abbé Charles Grelier  

   

Le fonds Grelier

Il est constitué de papiers des familles Grelier et alliées, des travaux de l’abbé Grelier et de fonds d’archives familiales ou personnelles recueillis par l’abbé Grelier. Cette description sommaire ne rend pas justice à un fonds d’une richesse exceptionnelle : des archives anciennes comme la copie XVIIIe s. du cartulaire de Notre-Dame de Challans ( 60 J 204), des témoignages de la vie politique avec les banquets royalistes de Challans de 1879 et 1882 ( 60 J 504), des comptes rendus de fouilles archéologiques comme pour l’ancienne église de Sallertaine ( 60 J 348), la découverte de tombeaux près de Pont-Habert ( 60 J 351) ou un tumulus à La Garnache ( 60 J 356), un témoignage piquant de la vie dans la paroisse de Challans de 1908 à 1945 dans sa Chronique (60 J 219-228)…

Pensez aussi aux Papiers Amand Henry relatifs à l’abbé Grelier (266 J)

Date de publication : 25 janvier 2017

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