La protection du patrimoine aux Archives de la Vendée

Fichiers du cadastre rénové en cours de séchage 

Retour sur le dégât des eaux du 22 février 2016

Du 22 au 29 février 2016, la salle de lecture a été fermée au public en raison d’un dégât des eaux. Quelques semaines après le sinistre, il nous a paru important de vous en expliquer les circonstances et de vous préciser les actions de sauvetage engagées  immédiatement et prévues à plus long terme sur les collections touchées. 

Dans le prolongement de cette communication, d'autres suivront. Nous vous détaillerons en effet prochainement les mesures prises au quotidien pour, d'une part, conserver les archives dans les meilleures conditions possibles et pour, d'autre part, les protéger contre les principaux risques encourus que sont le vol, le vandalisme, l'inondation, l'incendie et les infestations biologiques.  

  

Circonstances du sinistre        

Le sinistre est constaté le lundi 22 février 2016, vers 7h du matin, au rez-de-chaussée du bâtiment. De l’eau est répandue sur le carrelage du hall d’entrée et sur la moquette de la salle de lecture. Des écoulements sont également observés au sous-sol dans un magasin d’archives où est conservée une partie du cadastre du département.            

L'origine du sinistre est aussitôt identifiée. L’inondation a pour cause la rupture, survenue quelques heures plus tôt, d’un raccord d’alimentation en eau situé dans le hall d'entrée.  

Une fois la vanne coupée, l'eau répandue au sol est très rapidement aspirée, puis des déshumidificateurs et des ventilateurs sont placés dans la salle de lecture pour assécher la moquette. 

  

Sauvetage des archives touchées

L’attention du personnel s’est aussitôt portée sur les collections du cadastre inondées. Ainsi, pendant deux jours (22-23 février 2016), toute l'activité du service est-elle concentrée sur leur sauvetage. Le plan d'action consiste à évacuer d'abord les archives touchées, puis à en organiser le séchage en fonction de leur état. Trois types de documents sont touchés :  

Séchage des planches d'un atlas dérelié 

Fiches cartonnées de l’état de section du cadastre rénové (1923-1977) 

Près de 200 boîtes sur les 1320 que contient le fonds sont évacuées. Imbibées d’eau, elles sont éliminées. Les fiches sèches sont alors conditionnées dans de nouveaux cartons laissés ouverts tandis que les fiches humides sont étalées sur du papier absorbant.  

Plans du cadastre napoléonien (1821-1847) 

Les 12.000 planches des deux collections du cadastre napoléonien étaient conservées dans des meubles à plans ; elles étaient également encapsulées dans des pochettes en polyester, aussi appelé terphane, soudées sur trois côtés. Lors du sinistre, l’eau a ruisselé sur les meubles et s’est infiltrée entre les pochettes qui ont toutes été évacuées. Plus de 200 pochettes hors d’usage sont éliminées. Les autres sont essuyées et leur contenu vérifié. Comme pour les fiches, quelques dizaines de plans humides sont mis à sécher.  

Atlas reliés d’un premier essai du cadastre (avant 1821) 

L’eau a également ruisselé sur quatre atlas contenant chacun plus d’une cinquantaine de planches aquarellées. Les reliures de trois d’entre eux sont imbibées d’eau et transmettent leur humidité aux planches. Pour assurer un séchage rapide et efficace, il est décidé de les dérelier. Les planches sont ainsi séchées isolément en utilisant et renouvelant, dès que nécessaire, du papier absorbant. Sur le quatrième atlas non démonté et moins humide, des buvards sont directement appliqués entre les planches.   

En parallèle, des vérifications sont effectuées sur les archives non évacuées pour en contrôler l’état, et des déshumidificateurs supplémentaires sont installés pour assécher l’atmosphère du magasin d’archives touché par l’inondation. Pour assurer de bonnes conditions de conservation, l’hygrométrie doit être comprise entre 45 et 55 % et la température entre 18°C et 20°C. 

Plan du cadastre napoléonien séché avec du papier absorbant  

On notera ici l’extrême importance du conditionnement des archives. Les boîtes en carton compact des fiches du cadastre rénové et les pochettes en polyester des plans du cadastre napoléonien ont préservé efficacement les archives du contact direct avec l’eau. Ce n’est malheureusement pas le cas des atlas qui n’étaient pas conservés dans des cartons. En raison de leur format et de leur volume, les atlas, comme les registres, sont rarement conditionnés, on considère aussi que leur reliure joue un rôle protecteur en constituant une première barrière face aux risques.  

Les opérations de séchage qui ont duré trois semaines, sont maintenant achevées. Elles se sont déroulées en veillant au maintien de conditions climatiques propices à l’assèchement et en contrôlant visuellement l’état sanitaire des collections, le risque éventuel étant un développement de moisissures.  

Le retour à la normale et la réintégration des archives en magasin se feront désormais progressivement. Ces opérations ont commencé par les commandes de nouveaux conditionnements (boîtes en carton compact et pochettes en polyester) et de mobiliers (meubles à plans). Quant aux quatre atlas, leur restauration est confiée à un atelier spécialisé pour atténuer les auréoles d'humidité et pour confectionner de nouvelles reliures. Les frais générés par ces opérations sont intégralement couverts par les assurances.  

A ce jour, on peut dire que l'inondation du 22 février 2016 n'a pas causé de perte au niveau des collections. La mobilisation du personnel, sa réactivité et la mise en place rapide du séchage des archives ont permis de limiter les dommages. Seuls des conditionnements et du mobilier devenus inutilisables seront remplacés.  

Au final, ce sinistre aura été riche en enseignements pour les archivistes qui veillent à conserver, dans les meilleures conditions possibles, les collections. 

Date de publication : 13 avril 2016

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