Les Filles de la Sagesse, une mission : oeuvrer pour soigner et instruire

Vue du Cap-Haïtien ( FDLS RH 2-1, vue 29) 

Depuis près de cinq ans maintenant, les Archives de la Vendée, dans le cadre d’un partenariat scientifique entre le Département et la congrégation des Filles de la Sagesse, sont chargées de procéder au classement des archives de cette dernière et de les faire connaitre à un large public. 

Deux inventaires sont à votre disposition pour retracer l’histoire et les activités de la congrégation ( Congrégation des Filles de la Sagesse-Administration, membre de la Congrégation et historique des établissements tenus par les sœurs) et découvrir en image ( Congrégation des Filles de la Sagesse-Documents iconographiques illustrant l’action et les œuvres de la Congrégation) les actions que les Filles de la Sagesse ont pu mener aux quatre coins du globe. 

Fondée en 1703, la congrégation oeuvre pour soigner les malades et instruire les jeunes enfants, s’attachant particulièrement, au fil du temps, à l’éducation des sourdes-muettes-aveugles. Les sœurs s’installent d’abord dans de nombreuses régions de France, puis dès la 2e moitié du XIXe siècle, s’implantent en Belgique, au Royaume-Uni, en Italie… La fermeture de nombreuses communautés en France suite aux mesures anticongréganistes du début du XXe siècle contribua à l’expansion de la congrégation dans le monde. Portons un regard tout particulier sur deux des missions menées hors d’Europe : Haïti et Madagascar. 

  

Haïti, premier départ missionnaire

C’est à Haïti que les Filles de la Sagesse vont fonder leur première mission. 

Les Pères de la Compagnie de Marie, membres de la famille des Montfortains comme les Filles de la Sagesse, y sont installés depuis 1871 et, dès 1872, demandent avec insistance à la Mère Sainte-Callisthène, Supérieure générale, l’appui des sœurs pour entreprendre une mission d’évangélisation et d’éducation. Elle accepte, en 1875, d’envoyer quatre sœurs pour établir une première fondation. 

Sœur Sainte-Caritine, la doyenne et supérieure de la mission, alors âgée de 61 ans (elle décèdera en 1879), Sœur Natalie (41 ans), Sœur Marie-Valérie (37 ans) et Sœur Léonard Wichel (34 ans) embarquent près de Bordeaux le 24 octobre à bord du paquebot « Louisiane » et débarquent le 13 novembre à Cap-Haïtien. 

Sœur au milieu de ses élèves dans la maison d’instruction de Miragoâne, à Haïti ( FDLS RH 2-7, vue 3)  

La première communauté (pour laquelle aucun dossier n’est conservé) s’installe à Port-de-Paix ; les sœurs sont chargées d’ouvrir des classes pour les fillettes et jeunes filles. Deux ans plus tard (1877), une deuxième communauté d’enseignantes s’installe à Jérémie (1877-1956). Pour la troisième communauté, fondée en 1879 à l’Anse-à-Veau, les sœurs envoyées de Saint-Laurent-sur-Sèvre sont accompagnées de Sœur Saint-Joachim, première sœur haïtienne qui les avait rejointes pour faire son noviciat (1877). 

Les sœurs doivent faire face à des conditions de vie particulièrement difficiles (climat chaud et humide, fièvre, épuisement, isolement, etc.) : les déplacements sont en effet longs et pénibles, se faisant souvent à cheval ou en bateau, les communautés éloignées les unes des autres, et les retours extrêmement rares ­­– la circulaire du Supérieur général prévoyant en 1912 un retour possible en France tous les 10 ans est accueillie comme une bonne nouvelle ! S’ajoutent à cela l’extrême pauvreté de la population et l’insécurité due aux tremblements de terre, aux cyclones, et à l’instabilité politique chronique (10 présidents se succèdent de 1902 à 1930) engendrant révolutions et pillages. 

Malgré cela les communautés se développent et vont essaimer à travers toute la République d’Haïti. De 1875 à 1954 on compte 39 communautés. Un noviciat haïtien ouvre ses portes en 1936 à Saint-Louis du Nord, permettant aux sœurs haïtiennes de se former sur place. 

En 1976, Sœur Ludovic-Marie de la Sagesse, originaire d’Haïti, devient Supérieure générale de la congrégation. 

En 2020, la congrégation compte 92 sœurs sur le territoire, réparties en 17 communautés (dispensaires, hôpitaux, écoles, écoles destinées aux enfants sourds-muets) 

  

Madagascar, première mission en colonie française 

En octobre 1934, Mère Stéphanie, Supérieure générale de la congrégation, désigne quatre sœurs chargées de fonder la première mission à Madagascar. Il s’agit de Sœur Marie de Saint-Florent, ancienne missionnaire en Afrique, supérieure de la future communauté, Sœur Jean-Baptiste de la Sainte Famille, Sœur Marie-Thérèse de la Sagesse et Sœur Marie-Louise de Saint-Henri 

Le 14 novembre 1934, elles se rendent à Marseille et prennent place à bord du cargo « Ville de Tamatave ». Parmi les 25 passagers, 12 sont des missionnaires.  

Sœur Marie-Thérèse de la Sagesse tient un journal de voyage qu’elle fait parvenir lors des escales à la Mère supérieure. Celui-ci est publié, dès le mois de mars de l’année suivante dans le « Bulletin trimestriel » (pages 11-19 FDLS 5 G 2-2-1935). 

Case à l’arrivée des sœurs en 1934 à Mahanoro, Madagascar, FDLS 8 Fi 58.  

Les sœurs débarquent à Madagascar le 8 décembre et arrivent le 18 au bout de leur voyage. C’est à Mahanoro qu’elles sont attendues pour fonder la première communauté auprès des missionnaires montfortains récemment installés. Le R. P. Le Breton, supérieur des missions montfortaines de Madagascar, évoque cette installation dans la correspondance qu’il adresse à Saint-Laurent-sur-Sèvre entre 1933 et 1934, (publiée dans le « Bulletin trimestriel » de décembre 1934, pages 8-14 FDLS 5 G 2-2-1934). Les sœurs sont alors chargées d’ouvrir un pensionnat pour les enfants européens puis, une école pour les petites filles malgaches.  

Les problèmes ne manquent pas : logement précaire et exigu, dénué du confort minimum (ni eau, ni électricité), inconfort dû au port du lourd costume inadapté à la moiteur du climat, pratiques administratives pesantes et contraignantes et enfin, langue totalement étrangère à découvrir.  

Il faut attendre 1939 pour qu’une deuxième communauté s’installe à Vatomandry. En 1950, les sœurs prennent la direction de l’hôpital de Tamatave, première institution hospitalière des Filles de la Sagesse à Madagascar, puis fondent, à Tamatave également, l’école Saint-Joseph en 1953.  

En 1956 l’ouverture d’un noviciat permet la formation des postulantes malgaches (en 1955, Sœur Pierre-Marie de l’Enfant Jésus, première Fille de la Sagesse malgache avait dû se rendre à Saint-Laurent-sur-Sèvre). Installée provisoirement à Vatomandry, la communauté se transporte à Salazamay où le noviciat prend le nom de Saint-Louis-Marie de Montfort. 

Aujourd’hui, Madagascar compte 98 sœurs réparties en 19 communautés. 

  

Les inventaires en ligne 

Retrouvez pour Haïti comme pour Madagascar toutes les analyses des dossiers concernant les relations et l’activité des deux provinces et celles des dossiers des établissements qui y étaient installés (traités, délibération et avis de fermeture, chroniques et quelques récits de voyage, visites des supérieures provinciales, visites canoniques, récapitulatif de l’activité, liste des supérieures de la communauté, relevé des sœurs, économat, correspondance). 

On pourra également consulter les photographies et cartes postales mises en ligne pour ces deux pays : bâtiments, sœurs identifiées ou non et activités au sein des communautés. 

Date de publication : 06 mai 2020

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