« Les Jacobsen, preneurs de terres à Noirmoutier ». Une nouvelle version de l’inventaire des archives familiales

Plan de partage du Petit et du Grand Müllembourg en 1869 (AAIN 1D75) 

Pendant plus d’un siècle, la famille Jacobsen a marqué l’histoire de l’île de Noirmoutier, de l’arrivée de Cornil-Guislain dans les années 1730 à la mort de son petit-fils Auguste en 1873. Famille de négociants, d’armateurs et de personnalités politiques locales, les Jacobsen ont également contribué à la transformation du paysage noirmoutrin, en réalisant de nombreux travaux de dessèchements. 

Après la publication d’un premier inventaire des archives déposées par les descendants, une nouvelle version est aujourd’hui en ligne, complétée par la description de documents récemment confiés. 

  

Deux fonds, un inventaire 

Dans les années 1990, l’association Les Amis de l’île de Noirmoutier reçoit en dépôt un ensemble d’archives familiales de la part d’une descendante de la famille Jacobsen. Après le classement du fonds, un inventaire est publié en 2010. Quatre ans plus tard, d’autres descendants de la famille se manifestent et viennent compléter le premier ensemble par un nouveau dépôt. Ce sont ces documents qui sont aujourd’hui réunis dans un seul et même inventaire

  

Cinq générations impliquées sur l’île de Noirmoutier

Le fonds ainsi augmenté permet de prendre connaissance du destin particulier de la famille Jacobsen au sein de l’île de Noirmoutier. Son ascension est fulgurante : arrivé sur l’île à la fin des années 1730, le premier des Jacobsen, Cornil-Guislain, n’est alors qu’un négociant d’origine flamande qui profite des avantages fiscaux accordés aux noirmoutrins. Très vite, il s’impose par ses alliances et ses activités de négoce comme un notable respecté. Dès la seconde génération, les Jacobsen acquièrent charges locales et vastes propriétés sur l’île. 

L’hôtel Jacobsen (BIB 7251) 

Couvrant cinq générations, les documents présents dans le fonds sont l’occasion de survoler le parcours individuel des trois Jacobsen qui ont marqué l’histoire locale : Cornil-Guislain en tant que négociant ; Jean-Corneille comme député de l’île en 1775, maire de Noirmoutier et conseiller général de la Vendée ; Auguste, lui aussi maire de Noirmoutier. 

Deux registres tenus par Cornil-Guislain à partir du milieu du XVIIIe siècle permettent de retracer la carrière de ce négociant devenu incontournable sur l’île de Noirmoutier, à travers le détail de ses cargaisons de marchandises et les comptes qu’il établit avec ses correspondants à Dunkerque, Nantes ou encore Bordeaux.  

Au-delà de leurs activités professionnelles et fonctions officielles, les Jacobsen sont avant tout des propriétaires terriens, comme en témoignent les dossiers thématiques qu’ils constituent pour leurs nombreuses propriétés, situées aussi bien sur l’île que sur le continent, et la comptabilité minutieuse qu’ils tiennent avec les exploitants de leurs terres. 

   

Le grand projet des Jacobsen : le dessèchement des marais

Page de garde de l’acte d’acensement de la Crosnière en 1766 (AAIN 6D53) 

Mais la particularité de cette famille tient dans le dynamisme avec lequel elle contribue à transformer le paysage noirmoutrin. Dès les années 1740, les Jacobsen sont intimement liés aux entreprises de dessèchement des marais de l’île et chaque génération participe à l’agrandissement du territoire. Au total, ce sont plus de 500 hectares qui sont gagnés sur la mer

Plans, documents comptables et correspondance rendent compte de l’engagement personnel et financier de la famille dans ces entreprises, notamment en ce qui concerne le dessèchement de la Crosnière. Situées sur le territoire actuel de Beauvoir-sur-Mer, mais dépendant à l’époque de l’île de Noirmoutier, ces terres font l’objet de toutes les attentions de Cornil-Guislain, qui y érige une paroisse en 1772 et s’y fait inhumer en 1787. 

  

  

Un retrait progressif au XIXe siècle 

Matricule militaire de Raphaël Jacobsen ( 1R498, n°1204) 

Les archives familiales sont également l’occasion de suivre le déclin manifeste de la famille à partir des années 1860. Endettés par les travaux de dessèchement, les Jacobsen doivent également faire face aux conséquences du mariage malheureux d’Alexandre Jacobsen : les nombreux dossiers de procédures judiciaires permettent de suivre le litige au long cours qui oppose les familles Baussan et Jacobsen. Petit à petit, les propriétés noirmoutrines sont vendues ; les dossiers de vente de terrains témoignent du morcellement de territoires emblématiques de l’île, tel que le Bois de la Chaise. 

À partir de la fin du XIXe siècle, la famille ne vit plus qu’épisodiquement sur l’île et s’implique dans d’autres localités. Henri Jacobsen s’installe en 1872 à Beaufou, commune dans laquelle il est rapidement élu maire. Cela ne l’empêche pas de continuer à s’intéresser à son île natale, comme le montrent les ouvrages d’histoire locale réunis dans le fonds, parmi ce qui semble subsister de la riche bibliothèque constituée par Jean-Corneille. Quant à Raphaël, le dernier Jacobsen à apparaître dans les papiers familiaux, il choisit de s’établir à Nantes, où il est directeur de la filiale locale d’une compagnie d’assurances.   

Consulter l’inventaire 

Le partenariat entre les Archives de Vendée et l’association Les Amis de l’île de Noirmoutier

Créée en 1934, l’association a pour but la protection et la valorisation du patrimoine noirmoutrin. Ses activités ont permis de réunir un fonds riche de plus de 15 000 livres et documents, qui font revivre la mémoire de l’île de Noirmoutier. L’ensemble est consultable par tous au siège de l’association, sur rendez-vous, suivant les modalités présentées sur le  site des Amis.

Depuis 2005, les Archives de Vendée ont établi des liens privilégiés avec les Amis de l’île de Noirmoutier, concrétisés par la signature de deux conventions en 2008 et 2009. Ce partenariat permet de valoriser les fonds conservés par l’association, à travers leur classement par des professionnels et la publication d’inventaires sur le site internet des Archives de Vendée.

Voir aussi :

- le fonds de l’abbaye de la Blanche ( 21 E - Don La Motte-Jacobsen)

- le fonds des établissements charitables, c’est-à-dire l’hôpital, le bureau de bienfaisance, la salle d’asile et l’orphelinat ( 5 D - Fonds des établissements charitables)

- les papiers du Dr Viaud-Grand-Marais et de Louis Troussier, deux érudits locaux ( 1 E - Don Louis Troussier et 38 E - Don Eon-Duval)

Date de publication : 10 février 2016

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