Les archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales : un complément de mille pièces

Publication de la Convention ( AN AD/XVIIIc/251-1).   

L’inventaire des archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales contenait déjà les reproductions de 13 300 pièces  ( voir l’actualité du 28 novembre 2017) ; il vient d’être enrichi de mille pièces supplémentaires, également numérisées. Deux ensembles s’y distinguent particulièrement : les papiers saisis chez le représentant du peuple Carrier à l’ouverture de son procès en octobre 1794 (T/492, 548 pièces), et les listes nominatives des propriétaires qui ont demandé à bénéficier, sous l’Empire, de la prime accordée pour la reconstruction des maisons détruites par la guerre (F/13/1822, 231 pièces). 

Résultat d’une convention de partenariat signée entre les Archives nationales et le Département de la Vendée, l’inventaire forme désormais, à la suite de cette mise en ligne complémentaire, un ensemble de 86 articles ou parties d’articles contenant 14 387 pièces (5 ml) numérisées en 25 156 images et décrites dans 1 616 notices. 

Voici un aperçu des derniers enrichissements : 

   

Papiers saisis chez le représentant du peuple Carrier

L’acquittement, le 16 octobre 1794, des Nantais envoyés par Carrier devant le Tribunal révolutionnaire à Paris provoque, le même jour, l’ouverture du procès du Comité révolutionnaire de Nantes, puis celui de Carrier. Les papiers du représentant du peuple seront alors saisis et trouveront ensuite leur place, aux Archives nationales, dans la série des documents provenant des particuliers émigrés ou condamnés et séquestrés pendant la Révolution ( T/492, 548 pièces). 

Mêlant correspondance privée et publique d’octobre 1792 à octobre 1794, les papiers de Carrier permettent de suivre ses relations politiques comme député du Cantal à la Convention, son département d’origine, ainsi que ses missions à Rennes, puis à Nantes ; ils viennent en complément des archives du Comité de Sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire déjà présentées dans l’inventaire (1) et des publications imprimées de la Convention sur le procès Carrier nouvellement proposées ( AD/XVIIIc/251).   

  

Primes accordées aux propriétaires pour la reconstruction des maisons sous l’Empire

Lors de son passage en Vendée, les 7 et 8 août 1808, Napoléon observe par lui-même l’étendue des destructions, encore bien visibles dans le département. Par décret daté du 8 août 1808 et pris à Napoléon, nom donné à la ville de La Roche-sur-Yon depuis 1804, il accorde alors aux Vendéens des aides à la reconstruction. Le département bénéficie d’une exemption d’impôts fonciers durant 15 ans pour les habitations détruites pendant la guerre et reconstruites avant le 1er janvier 1812 ; des primes à la reconstruction sont aussi attribuées aux 2000 premières maisons rebâties. Le décret du 24 février 1811 étend les primes à la reconstruction aux départements de la Loire-Inférieure et des Deux-Sèvres. 

Ce sont les noms des propriétaires qui ont demandé à bénéficier de la prime que l’on trouvera dans l’article F/13/1822 avec la localisation des maisons dans les trois départements concernés et des observations sur leur état (1808-1816, 231 pièces). 

En complément, pour la période antérieure, l’article F/10/268 consacré à la reconstruction de la Vendée sous l'impulsion de la Commission d'agriculture et des arts, puis du Directoire exécutif a été numérisé (an III-an V, 128 pièces). On y remarquera le mémoire sur l’agriculture du département que Cavoleau, futur auteur de la « Description générale du département de la Vendée » adresse au ministre de l’Intérieur en floréal an IV (mai 1796). 

  

  

Débuts de l’insurrection, correspondance du général Willot et publications de la Convention

Une cinquantaine de pièces datées de mars à mai 1793 sur les débuts de l’insurrection vendéenne et repérées dans la série M dite de « Mélanges » sont numérisées ( M/669). 

Conservé dans les archives privées, un registre de correspondance du général Willot (octobre-novembre 1795) a également été reproduit ( 220AP/1). Arrivé en Vendée le 1er octobre 1795 avec l’Armée des Pyrénées-occidentales pour renforcer l’Armée de l’Ouest, le général Willot prend la tête, dans la nouvelle organisation décidée par Hoche, de la 3e division de l’Armée de l’Ouest basée à Fontenay, et y restera jusqu’au 15 janvier 1796 (2)

Un volume des publications de la Convention rassemble 24 imprimés sur la guerre de Vendée (1791-1795) : du rapport d’enquête des commissaires civils Gallois et Gensonné envoyés en Vendée et dans les Deux-Sèvres en août-septembre 1791 au discours de Barère devant la Convention le 1er août 1793, en passant par les mémoires justificatifs de Westermann, Grignon, Sandoz, Turreau et Tuncq… ( AD/XVIIIc/306). 

  

Application des lois du Maximum en Vendée

La première loi du Maximum votée le 4 mai 1793 par la Convention fixe, pour le blé et la farine, un prix de vente maximal, établi et révisable par chaque administration départementale. Elle est suivie d’autres lois, dont celle du 29 septembre 1793, beaucoup plus larges, qui imposent un maximum pour un grand nombre de denrées de première nécessité. L’article numérisé ( F/12/1544/51) contient les tableaux fixant, pour chaque district du département de la Vendée, le prix des denrées en application de ces lois qui seront supprimées le 4 nivôse an III (24 décembre 1794).    

Consulter les archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales  

  

(1). Procès de Carrier, du Comité révolutionnaire de Nantes et de Phélippes-Tronjolly, ancien président du Tribunal criminel et révolutionnaire de la Loire-Inférieure : F/7/4634 (Comité de Sûreté générale), W/70-71, 493 (Tribunal révolutionnaire).   

(2). On trouvera également la correspondance du général Willot parmi celle des généraux de l’Armée de l’Ouest conservée au Service historique de la Défense et disponible, sous forme numérisée, sur ce site ( SHD B 5/12 et SHD B 5/34 : octobre 1795-janvier 1796). 

Date de publication : 15 février 2018

Retour en haut de page