Guerre de Vendée : de nouvelles sources quasi inconnues

Cachet du tribunal criminel de la Vendée (SHD B 5/11) 

L’histoire de la guerre de Vendée a longtemps manqué d’archives. Elle reposait sur des convictions autant que sur des témoignages. Les historiens « royalistes » se sont efforcés de recueillir le plus d’entre eux, tant il est vrai que, du côté du soulèvement, les archives étaient avant tout orales. Il fallait en effet disposer d’administrations civiles et militaires pour produire des pièces écrites en masse et, en plus, être en mesure de les conserver par la suite. En attendant l’ouverture d’archives donc essentiellement « républicaines », de grands témoins ont composé des rapports ou carrément leurs mémoires, tantôt pour soutenir le souvenir de leurs camarades et compagnons de ces temps tragiques, tantôt pour arranger une réalité qui les poursuivait. Dans des genres très différents, on évoquera le conventionnel Lequinio dès la fin de 1794, le général Turreau l’année suivante, la marquise de La Rochejaquelein, et tant d’autres. 

En 1824 enfin (déjà ?), Jean-Julien Savary, officier supérieur qui avait été engagé contre le soulèvement, publie un premier recueil de correspondances tirées des archives du ministère de la guerre, inaugurant un genre qui prit lentement son essor et qu’illustrait encore dernièrement Alain Gérard en 2013 avec sa Vendée, les archives de l’extermination

  

Imprimé conservé aux Archives nationales (W 114) 

C’est donc bien pour nourrir l’histoire de la guerre de Vendée de sources nécessaires à sa compréhension, que les Archives de la Vendée ont entrepris une série de guides livrant les clefs de dépôts d’archives plus ou moins connus ou du moins plus ou moins accessibles. Après les guides des Sources conservées au Service historique de la Défense et aux Archives nationales (accompagnés d’un inventaire en ligne avec les images des pièces originales numérisées pour les archives militaires et bientôt autant pour les archives nationales), voici un troisième guide, celui des Sources de la Guerre de Vendée dans les petits fonds d’Île-de-France. Comme les deux premiers, il est dû aux enquêtes poussées de Jacques Hussenet, l’auteur de « Détruisez la Vendée ! » et des premières études démographiques systématiques de la période de la guerre de Vendée. 

  

  

 
Jacques Hussenet est allé visiter la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, dans le Marais, le Centre des archives diplomatiques, à La Courneuve, les archives centrales de la Marine, au château de Vincennes, enfin les Archives de la préfecture de police de Paris, au Pré-Saint-Gervais. On notera, dans tout ce qu’il décrit, deux éclairages inédits sur l’affaire des 132 Nantais, dont le procès finit par avoir raison de l’innocence de Carrier : il s’agit du journal de l’un des Nantais (Bibliothèque historique de la Ville de Paris) ainsi que des notes très documentées de l’un des jurés, conservées quant à elles aux Archives de la préfecture de police. La Marine conserve de son côté de nombreux dossiers sur les ports, les îles, les affaires de Pornic comme de Granville, mais aussi sur les bâtiments qu’elle a engagés, les marins. La surprise la plus grande pourrait provenir des archives diplomatiques. Le ministère des relations extérieures entretenait en effet un réseau d’indicateurs sur le territoire national, parallèlement à tout autre forme de police, et il se constituait ainsi son propre renseignement. Or il est abondant sur la guerre de Vendée. 

  Consulter les guides de sources relatives à la guerre de Vendée 

Date de publication : 08 décembre 2016

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