Les Sables-d’Olonne sous la botte allemande

Au début du mois de mai 1940, malgré l’absence de beaucoup d’hommes et l’annonce de l’arrivée des réfugiés jusque-là retardée, les Sablais semblent vivre loin de la « drôle de guerre » ( Journal des Sables, 17 mai 1940, vue 56/126, col. A, « Appel à la population ») et préparent la saison estivale, comme aujourd’hui à cette époque de l’année (id., 21 juin 1940, vue 66/126, col. C, « Arrêté municipal »). Pourtant le « dimanche 23 juin 1940, à 8h30, les premiers soldats allemands pénètrent aux Sables » (id., 28 juin 1940, vue 68/126, col. E, « Le 23 juin 1940 »). Trois ouvrages récemment parus permettent de découvrir la guerre telle qu’elle a été vécue aux Sables-d’Olonne et les années de reconstruction qui suivirent. 

  

Images de guerre aux Sables-d’Olonne, de Patrice Barraud

Sous le titre Images de guerre aux Sables-d’Olonne : les années quarante, de l’Occupation à la Reconstruction (compte d’auteur, 2015), Patrice Barraud livre une collection inédite de photographies prises dans la station balnéaire entre le 23 juin 1941 et le 28 août 1944. L’auteur, spécialiste et passionné de photographie, explique que ces clichés sont issus pour la plupart d’albums privés de soldats allemands, car si la pratique photographique était interdite aux Français durant l’Occupation, ou strictement réglementée, à l’inverse, elle était libre et très populaire chez les militaires allemands. Comme de nombreux sites du littoral atlantique, l’intérêt stratégique de la station balnéaire sablaise a été remarqué très tôt par les Allemands. L’ouvrage montre à quel point la présence de l’ennemi a été massive et oppressante, et comment la construction du mur de l’Atlantique a défiguré le littoral. La dernière partie concerne la Libération et la Reconstruction. Elle est illustrée par des tirages du photographe professionnel Yves Dangla, et montre les destructions et les premiers travaux. En feuilletant cet album, l’auteur invite à garder en tête que, pour les deux camps, la photographie reste une arme de propagande patriotique. 

  

Le mur de l’Atlantique, de Benoît Boucard

Benoît Boucard, dans Le mur de l’Atlantique : Les Sables-d’Olonne fortifiés (Geste, 2016), dresse l’inventaire des 170 constructions (blockhaus, bunkers, obstacles anti-débarquement, abris, etc.) établies par les Allemands à partir du printemps 1942, sur les communes des Sables-d’Olonne, d’Olonne-sur-Mer, du Château-d’Olonne et de Talmont-Saint-Hilaire, pour assurer la défense du port. Il en souligne l’intérêt historique et militaire, mais aussi l’importance architecturale. Des plans et de nombreuses photographies, dont certaines représentent des fortifications disparues, figurent dans cet ouvrage. 

  

  

Les Sables-d’Olonne, années 50, d’Hervé Retureau

La paix retrouvée, la ville des Sables va conduire deux chantiers de front : tout d’abord, reconstruire ce qui a été détruit au départ des Allemands et équiper la cité de nouvelles infrastructures économiques dignes d’un grand port de pêche et de commerce, puis valoriser et développer le tourisme en rénovant le célèbre remblai. C’est l’aventure que raconte en images Hervé Retureau dans Les Sables-d’Olonne, années 50 (Geste, 2016). 

  

Des années 40 aux années 50, c’est à une promenade photographique et historique inédite que vous invitent ces trois ouvrages, disponibles notamment aux Archives départementales de la Vendée : 

  • Images de guerre aux Sables-d’Olonne : les années quarante, de l’Occupation à la Reconstruction / Patrice Barraud. – S.l. : s.n., 2015. – 142 p. (Arch. dép. Vendée, BIB A 943)
  • Le mur de l’Atlantique : Les Sables-d’Olonne fortifiés / Benoît Boucard. – La Crèche (79) : Geste, 2016. – 125 p. (Arch. dép. Vendée, BIB B 5410)
  • Les Sables-d’Olonne, années 50 / Hervé Rertureau. - La Crèche (79) : Geste, 2016. – 199 p. (Arch. dép. Vendée, BIB C 1354)

Date de publication : 14 juin 2017

Retour en haut de page