Louis XIII, roi de guerre

Représentation allégorique de la victoire de Rié, et vers de Pierre Corneille, "Les triomphes de Louis le Juste", 1649, BNF.  

Louis XIII rêvait-il à la "Vendée" dans la chambre qu’il occupait à Versailles ? Certes, ce n’était encore qu’un pavillon de chasse et non l’extraordinaire château royal qu’en fit Louis XIV, mais l’ameublement était à la hauteur d’un grand monarque. 

Une tenture magnifique de Rubens, composée de huit grandes pièces, habillait les murs et représentait l’histoire de Constantin. Constantin, ou plutôt et de façon allusive, Louis XIII lui-même, comme le démontre avec brio Patrick Avrillas dans son nouveau livre, Louis XIII, roi de guerre. L’une des tapisseries évoquait la bataille de Rié (Saint-Hilaire-de-Riez, Notre-Dame et Croix-de-Vie). Et puisque le roi est imitable, d’autres exemplaires de cette tapisserie furent tissés à l’identique. C’est encore la bataille de Rié que l’on peut ainsi admirer dans la "chambre du roi" au palais des archevêques de Strasbourg. 

Dans un livre précédent, Louis XIII et la bataille de l’isle de Rié : 1622, les armes victorieuses de la monarchie absolue, Patrick Avrillas nous a déjà fait connaître ce combat, ou du moins son rôle-clef dans le règne de Louis XIII. L’importance donnée par la suite au siège de La Rochelle, et surtout la propagande dont l’entoura le cardinal de Richelieu, amoindrit le souvenir des premières campagnes du roi et en particulier celui de l’île de Rié, confondue même souvent avec l’île de Ré. Pourtant, avant même d’avoir donné au cardinal la place qu’il devait occuper dans la construction de la monarchie absolue, Louis XIII avait déjà su faire face aux menaces d’éclatement du royaume : dans le Centre-Ouest et le Sud-est du royaume, de grands seigneurs défendaient alors en effet, les armes à la main, leur désir d'émancipation politique, tout comme un fort parti protestant. Et parmi tant de batailles, a clairement établi Patrick Avrillas, c’est à Rié que le roi s’est personnellement distingué en prenant un réel risque physique. Le rappel de cette témérité exceptionnelle pour un souverain régnant fonda sa gloire militaire. 

En élargissant désormais son propos au contexte militaire dans lequel s’insère cette bataille de Rié, Patrick Avrillas revient moins sur l’histoire de cette période que sur l’écho qu’on a cherché à lui donner dans l’instant même et par la suite. La monarchie en effet ne luttait pas que par les armes mais aussi par la propagande, et celle-ci s’appuyait sur tous les moyens disponibles, tout particulièrement les arts, majeurs comme mineurs. Patrick Avrillas, par l'étendue de son recensement qui témoigne de leur extraordinaire mobilisation, surprendra ici le lecteur. La gravure fut mise à contribution, mais aussi la peinture, la sculpture, les décors, l’affiche, la cartographie, le vitrail, les médailles, la littérature sous diverses formes (libelles, satires, panégyriques, tragédies, ouvrages historiques, etc.). 

> RETROUVER L'INTÉGRALITÉ DU COMPTE RENDU DANS LES " PAGES D'HISTOIRE"  

Date de publication : 26 mars 2020

Retour en haut de page