« Louis XVI, le prisonnier de Varennes » : publication de l’ouvrage posthume de Jacques Hussenet

Pourquoi un livre supplémentaire sur Varennes ? Parce qu’il s’agit d’un événement plus célèbre qu’effectivement connu, plus interprété qu’étudié, bref parce que le sujet recèle encore de l’inédit. Sait-on, par exemple, que la tentative de Louis XVI a échoué de très peu et que quatre habitants de Varennes – et non un seul – avaient croisé le roi dans un passé récent ? Sait-on aussi que l’échec de Varennes ne préfigurait pas obligatoirement la chute de la monarchie et que la Constitution de septembre 1791 était viable ?  

Poser les bonnes questions sur la fuite à Varennes et tenter d'y répondre avec rigueur et honnêteté, ce défi, Jacques Hussenet – historien qui a mené les recherches les plus abouties sur le bilan démographique de la guerre de Vendée – l’a réalisé en écrivant un ouvrage de plus de cinq cents pages, « Louis XVI, le prisonnier de Varennes », auquel il mettait la dernière main quand il est mort subitement en mars dernier, à l’âge de soixante-treize ans (voir «  Celui qui a mis la guerre de Vendée en chiffres, Jacques Hussenet, n'est plus »).  

  

Voici ce que Jacques Hussenet disait de ses recherches : « Ecrire sur l’événement de Varennes revient à aborder un épisode historique à rebondissements, celui de la fuite d’un roi, de son arrestation et de son retour humiliant au point de départ. J’ai choisi d’en faire un récit méthodique, en évitant deux écueils : l’histoire romancée, assemblage d’anecdotes et de scènes théâtrales, et le livre à thèse, bâti sur des dogmes ou de pseudo-complots. Au fur et à mesure de mes investigations, j’ai été amené à modifier la connaissance qu’on en avait, après avoir exploité des sources et des études négligées ou ignorées, en plus des archives et des livres connus de tous. Si la trame générale reste inchangée, bon nombre de ses péripéties et de ses modalités s’éclairent différemment, qu’il s’agisse du projet d’évasion, de la sortie de Paris, des circonstances de l’arrestation, de la nuit de Varennes et du contexte du retour. 

Le Vieux-Varennes (d’après un dessin de 1790) 

La vision renouvelée que je propose s’écarte des thèses partisanes qui prolifèrent dans les histoires savantes ou populaires de la période révolutionnaire. Les plus répandues opposent un brave homme de roi à d’affreux Jacobins ou un monarque fourbe à des patriotes clairvoyants. Elles donnent l’impression d’avoir été écrites pour un public infantile. Les réalités de juin 1791 sont moins tranchées et peuvent se résumer ainsi : Louis XVI et Marie-Antoinette avaient de bonnes raisons de vouloir gagner Montmédy ; les autorités patriotes avaient de bonnes raisons de vouloir les en empêcher. Refuser la complexité de l’Histoire revient à l’appauvrir et à caricaturer le passé. »  

L’ouvrage est publié par l’association Terres d’Argonne. Il est proposé en souscription jusqu’au 10 septembre au prix de 34 € (au lieu de 45 € prix public en librairie). 

Date de publication : 17 juillet 2018

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