Dis, quand reviendras-tu ?

Portrait de Michel Pasquier (1 Num 403/1) 

un Chambretaudais dans les tranchées

Michel Pasquier (FLC, cl. 1905, n°1414), agriculteur au Tourny de Chambretaud, est mobilisé dès les premiers jours d’août 1914. Marié depuis seulement 3 mois, il entretient tout au long de la guerre une correspondance assidue avec son épouse Léonie Baron.  D’août 1914 à février 1919, ce sont 1090 lettres et cartes postales échangées entre les époux qui ont été conservées et qui sont présentées dans l’inventaire des Papiers Pasquier. 

De 1914 à 1919, Michel Pasquier rend compte avec beaucoup de détails de son quotidien, tant à l’arrière qu’au combat. Son épouse est très soucieuse d’en savoir le plus possible, en dépit parfois des ordres de la hiérarchie. Michel veut pouvoir retracer son parcours avec précision s’il revient de la guerre ; il indique souvent dans ses lettres, les localités où il se trouve et raconte la dureté des combats, comme à Verdun en mai et juillet 1916, et les conditions de vie précaires. 

Il passe une très grande partie de la guerre affecté à l’ordinaire : chargé du ravitaillement et de la cuisine, il est conscient que cette affectation lui assure une position moins exposée que nombre de ses camarades et qu’elle lui permet d’entretenir une correspondance très suivie avec son épouse. 

Le couple accorde beaucoup d’attention à ses proches et aux camarades de Chambretaud : ils s’informent mutuellement des nouvelles reçues et partagent leurs inquiétudes. Ainsi, dès septembre 1914, Michel s’alarme du sort de son frère Daniel, porté disparu. Le 6 novembre 1914, c’est son frère Baptiste qui est tué dans la Somme : cantonné à proximité, il organise lui-même les obsèques et prend à l’occasion conscience des dangers qui le menacent. La présence d’amis et de Vendéens à ses côtés est primordiale pour Michel, et la perte de Pierre Cousseau et Jules Boudaud, à Verdun en juillet 1916 lui porte un nouveau coup. En novembre 1917, son affectation à un régiment non vendéen, le 233e RI, influe gravement sur son moral : isolé, découragé, il est hospitalisé en janvier 1918. 

Pourtant, malgré la surdité et les pressions de son épouse, Michel refuse d’être réformé et considéré comme un lâche ; il souhaite pouvoir faire son devoir, quelles qu’en soient les conséquences. 

  

Lettre du 25 février 1916. Cliquer sur l'image pour l'agrandir. 

La lettre du 25 février 1916 présentée ici est révélatrice de ses préoccupations et de son attitude. 

Soucieux du sort de ses camarades, il y fait part de ses inquiétudes pour Auguste Rautureau, de la Pinochonnerie, son voisin. Celui-ci a été porté disparu quelques jours plus tôt mais les dernières nouvelles indiquent que c’est la moitié de sa section qui a disparu : « ils sont sûrement pas tous morts » (il est effectivement retrouvé quelques jours plus tard). Il confirme une nouvelle fois la mort de Louis Graveleau, de Bel-Air et de son frère Baptiste. 

Malgré les interdictions et les risques de censure, il raconte à sa femme avec de nombreux détails les combats qui ont fait rage dans la région de Tahure en Champagne du 13 au 15 février 1916 : le 293e RI décimé, l’arrivée de son régiment, le 337e, en renfort, l’eau, la boue, le froid, la pluie d’obus, l’absence d’abri. 

Il confirme avoir toujours des problèmes d’audition mais avec ces bombardements, il est loin d’être le plus atteint et refuse de se faire réformer. 

Comme toujours, il termine sa lettre avec l’espoir de revoir sa femme, en l’assurant de son amour. 

Consulter les Papiers Pasquier 

  

  

Suite de la lettre consultable en intégralité dans l'article 1 Num 403/26 (vues 21-23).  

     

Consultez aussi les pages Mémoire de la Guerre 1914-1918 et le Dictionnaire des combattants vendéens de la Grande Guerre.

Date de publication : 18 mars 2015

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