Guerre 1914-1918 : quatre nouveaux inventaires publiés

Portrait de Félix Braud (1 Num 410/1) 

La mise en ligne des documents prêtés à l’occasion de la grande collecte 14-18 se poursuit avec la publication de quatre nouveaux fonds, deux correspondances familiales et des journaux de guerre. 

A travers ces écrits sont retracés quatre parcours de soldats assez atypiques au sein de l'armée française : un vaguemestre délégué au service postal, messager silencieux du grand traumatisme de la guerre, deux brancardiers, et un jeune sergent-fourrier occupé à l’intendance de sa compagnie, qui s'emploie à améliorer le quotidien si difficile de ses compagnons d’infortune. On suivra aussi le quotidien de trois combattants originaires de La Chapelle-Hermier, deux frères et leur cousin. Ce sont là d’émouvants témoignages d'hommes dont quatre d’entre eux ne reviendront malheureusement pas… 

  

« Voilà le courrier » par Félix Braud, vaguemestre au 72e régiment territorial d'infanterie 

Félix Marie Braud (Cholet, classe 1896, n°919) est employé de banque au Crédit de l'Ouest à Cholet lorsque la guerre éclate. Mobilisé dès les premiers jours d’août 1914, il prend soin de rédiger un journal de guerre, qu'il conserve sur onze petits carnets. Sergent vaguemestre au 1er bataillon du 72e régiment territorial d'infanterie, il distribue le courrier aux soldats et devient malgré lui un élément fondamental dans le maintien du moral des troupes, amenant chaque jour un peu de réconfort à ces hommes accablés par la guerre. Très affecté par ce qu’il vit, l’écriture est son exutoire, et à la manière d'un journal intime, il note toutes ses émotions, réflexions et interrogations sur l’absurdité de cette guerre. Il détaille son parcours militaire, son métier et raconte parfois de façon plus légère l'histoire, l'architecture des villes traversées ou la beauté des paysages rencontrés. 

Consulter les carnets de guerre de Félix Braud (1914-1917) 

  

Fragment de lettre non datée où Alphonse Paillat détaille les conditions de vie dans les tranchées (1 Num 429/13) 

La vie brisée du sergent-fourrier Alphonse Paillat 

Jeune père de famille, Alphonse Paillat (FLC, classe 1906, n°1377) est happé par la guerre à la naissance de son second enfant. Il entretient avec sa femme Angélina une émouvante correspondance, rédigeant 179 lettres et 6 cartes postales. Patriote et courageux, il combat vaillamment pour l’avenir de sa famille : « cette guerre est terrible il est vrai, mais il faut que ce soit la dernière, il ne faut pas que plus tard vous soyez obligés de recommencer, chers petits ». Bien conscient également qu'à l'arrière les temps sont durs, il ne cesse de s’inquiéter pour les siens plutôt que de ne voir sa propre existence dans les tranchées. 

Mobilisé au sein du 137e régiment d’infanterie en tant que sergent-fourrier, il gère l'intendance (campement, couchage des troupes, ravitaillement) et la comptabilité de toute sa compagnie. Rarement en première ligne, il vit malgré tout dans les tranchées et est contraint, comme tous ses camarades, de participer aux grandes offensives lancées par l’État-major français. Lors de l'attaque du Trapèze, entre Aubérive et Ville-sur-Tourbe (Marne), il est gravement blessé le 7 octobre 1915 et décède deux jours plus tard à l'hôpital, à l’âge de 29 ans. 

Consulter la correspondance d’Alphonse Paillat (1914-1915) 

   

Portrait d’Athanase Carteau (à droite) 

« Brancardiers ! » : ces poilus qui ont fait la guerre sans armes 

Quatre ans d’enfer, c’est ce dont témoignent  Athanase Carteau (FLC, classe 1910, n° 968) et  Jules Ardouin (FLC, classe 1912, n° 770), deux amis originaires de Saint-Michel-en-l’Herm, dans leurs carnets de route. Ces documents d'exception présentent le quotidien des brancardiers et des musiciens-brancardiers. Chacun avec son style et sa sensibilité, les deux hommes racontent les blessés et les cadavres qu'il faut aller chercher entre les lignes. Le manque de repères dans le dédale étroit des tranchées, les conditions climatiques, la boue, le terrain accidenté et la mitraille rendent leur travail dangereux et harassant. Pourtant, ils ne s’appesantissent pas ; l'apitoiement n'est pas de mise. Quand survient un répit, Jules Ardouin se consacre à sa passion, la musique, ou à l’étude. Son journal a une particularité, à partir du 18 février 1917 et jusqu'à la fin, il est sténographié.  Les Archives de la Vendée cherchent à transcrire ce document, pouvez-vous les y aider ? 

Consulter les carnets de guerre des brancardiers Jules Ardouin et Athanase Carteau (1914-1919) 

   

  

Carte postale écrite par Eusèbe Trichet le 3 juin 1917 : " C'est honteux de voir ce qui se passe à l'heure actuelle..." (1 Num 430/6) 

Itinéraires de trois combattants de La Chapelle-Hermier  

Comme la plupart des familles vendéennes, les familles Trichet et Daniau, des meuniers au moulin de Garreau à La Chapelle-Hermier, ne sont pas épargnées par la guerre. Nés en 1895 et 1896, deux frères, Joseph Gabriel et Eusèbe Trichet, et leur cousin, Arthur Daniau, passent leurs 20 ans dans les casernes de Paris, Cholet et Vannes pour y suivre une courte instruction militaire avant d’être envoyés dans les tranchées. On suivra leurs premières impressions de la vie militaire et du front, leurs moments de cafard et de colère, mais aussi leurs fréquents recours à la prière, Notre-Dame de Garreau (La Chapelle-Hermier) étant plus particulièrement invoquée, en lisant les cartes postales qu’ils ont écrites à leur jeune sœur et cousine, Juliette Trichet. 

Arthur Daniau (RSY, classe 1915, n° 1039), au caractère sans doute plus placide que les deux frères, verra du pays puisqu’après avoir été blessé dans la Marne (sept. 1915) et avoir combattu dans la Somme (1916), il part à l’armée d’Orient jusqu’en juillet 1918. Il revient à La Chapelle-Hermier après sa démobilisation en août 1919. Ce ne sera pas le cas des frères Trichet, morts pour la France tous les deux à l’âge de 21 ans, Joseph Gabriel (RSY, classe 1915, n°1129) le 20 juillet 1916 dans la Somme quelques semaines après le déclenchement de la grande offensive franco-britannique, et Eusèbe (RSY, classe 1916, n°467) le 9 mars 1918 dans la Marne, au nord de Reims. Son père, Emmanuel Trichet, maire de La Chapelle-Hermier, est alors parmi les premiers habitants de la commune à apprendre sa mort. 

Consulter les papiers Trichet et Daniau (1914-1918) 

      

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Date de publication : 16 septembre 2015

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