Court-métrage : Repose de l’archange Saint-Michel au sommet de l’église de Saint-Michel-Mont-Mercure, 15 août 1961

Carte postale (6 Fi 980) 

C’est en juillet 1897 que la nouvelle église de Saint-Michel-Mont-Mercure, construite sur le mont Mercure, est achevée. Elle devient la construction la plus haute du département (290 m d’altitude) et sera bientôt ornée d’une statue monumentale au sommet du clocher, « l’archange Saint-Michel terrassant le dragon ». Le film présenté cette semaine évoque sa repose par hélicoptère, 64 ans plus tard. 

Un peu d’histoire : la statue conçue par le sculpteur Emile Millefaut, réalisée par les ateliers Gaget-Pérignon et Cie à Paris, est réservée dès 1888 par Pierre Jean Migné, curé de la paroisse, sans l’accord préalable du conseil de fabrique (qui approuve le marché conclu avec l’entreprise le 28 juin 1891). Présentée à l’exposition universelle de 1889 à Paris, cette sculpture est la réplique de celle posée sur la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon, en bronze et pesant six tonnes. Celle de Saint-Michel-Mont-Mercure, faite de feuilles de cuivre sur une armature de fer plat, ne pèse que mille deux cents kilos et mesure 9,66 m (sans son socle). L’abbé Boutin, successeur du curé Migné décédé, accueille fin décembre 1894 à la gare de Pouzauges la statue qui est placée dans le chœur de l’église en attendant l’achèvement des travaux. Pendant trois mois, et grâce à un échafaudage, les pièces sont montées une à une au sommet du clocher. L’archange y est maintenu par une tige centrale et une structure métallique. C’est un peintre originaire des Herbiers, Fernand Combes, qui va le dorer entièrement. 

En 1901, une aile de l’archange se décroche ; l’oxydation du cuivre et la disparition progressive de la dorure lui donnent peu à peu une couleur vert-de-gris. 

En février 1957, une violente tempête ébranle la statue qui penche dangereusement. On décide alors de l’ôter du clocher. Restaurée, elle est placée au pied de l’église pendant plus de quatre ans. 

Le film nous rend témoin de la repose, décidée en 1961 par le maire et ancien ministre, Lionel de Tinguy du Pouët, et le curé. C’est ainsi que quelques jours avant l’Assomption, la statue est transportée sur le terrain de sports de la commune pour faciliter son héliportage. La tige centrale est mise en place le lundi 14 août dès l’aube sur le clocher et le matériel nécessaire à son installation définitive est amené sur l’échafaudage. Il ne reste plus que l’archange à monter le lendemain. L’après-midi, une fête est organisée dans la commune avec bars, stands, baptêmes de l’air. 

Mardi 15 août : c’est une marée humaine de vingt à trente mille personnes, qui s’est déplacée pour l’événement. Moyennant un droit d’entrée symbolique, la foule s’agglutine dans le bourg et attend le transport de l’archange par hélicoptère. A 16 H 25, la foule retient son souffle, le pilote de l’Alouette II, Charles Schmitt, s’y prend à deux reprises pour la dépose. Des applaudissements fournis saluent l’exploit. Les ouvriers de l’entreprise Rousseau, installés sur une plateforme à cinquante mètres de hauteur, s’occupent de sa mise en place. A 17 H 30, Mgr Cazaux évêque de Luçon, monte à bord de l’hélicoptère pour la bénédiction de l’archange, retransmise par radio dans les haut-parleurs installés dans le bourg. Des baptêmes de l’air sont ensuite proposés au public avec le pilote, héros du jour. Un vin d’honneur organisé par le maire est donné en fin de soirée au château de la Blotière, en présence de personnalités civiles et religieuses. 

Œuvre d’art, classée à l’inventaire des monuments historiques, la statue descendue en novembre 2012 est à nouveau restaurée et dorée à l’or fin, puis replacée le 29 septembre 2013 au sommet de l’église. 

  

  

L’extrait proposé provient du film tourné par M. Jean Mouchard (145 Ci 20) et s’additionne  aux extraits de films amateurs  déjà mis en ligne, conservés aux Archives départementales, en partenariat avec la Cinémathèque de Vendée.

Date de publication : 22 avril 2015

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