Déchaîner ou maîtriser la violence ? Un enjeu de la guerre de Vendée dévoilé par un document exceptionnel

Les Archives départementales publient cette semaine un extraordinaire document aimablement mis à leur disposition par son détenteur. Il s’agit d’une lettre des généraux vendéens expliquant pourquoi ils libèrent leurs prisonniers. Rappelons-en le contexte. 

La prise de la ville de Fontenay-le-Comte, le 25 mai 1793, avait piégé environ 4000 soldats républicains, tombés aux mains de leurs adversaires. Les généraux vendéens ont décidé de les libérer, comme précédemment déjà, à l’issue de la prise d’autres villes, mais jamais leur nombre n’avait été aussi considérable. C’est sans doute pourquoi, cette fois-là et cette seule fois, semble-t-il, ils ont cherché à s’en expliquer par une adresse aux Français, sous forme d’affiche imprimée, et par cette lettre aux habitants de Niort et aux autorités républicaines. 

La libération des prisonniers, dans un contexte de proscription et de violence accrue, s’explique difficilement. Les Vendéens, qui n’ont pas été capables de garder la ville plus de trois jours, faute de pouvoir se mobiliser en permanence, n’avaient certes vraisemblablement pas les moyens de s’encombrer de tant de prisonniers. Mais pourquoi prendre le risque de les retrouver à nouveau face à eux au combat ? « Par humanité », assurent-ils. Ne serait-ce effectivement pas le fondement de la légitimité qu’ils cherchent à manifester ? La légitimité naturelle consiste à défendre le pouvoir établi, or ils le combattent. En prouvant cependant qu’ils respectent les principes de la religion et de l’humanité, ils dénoncent vigoureusement les révolutionnaires qui les sacrifient justement et de plus en plus, au nom des promesses de leur idéal politique. 

> Consulter la lettre du 28 mai 1793 et sa transcription dans l’album paléographique 

> Pour en savoir plus, consulter la "Page d’histoire" :  

Déchaîner ou maîtriser la violence ? Un enjeu de la guerre de Vendée 

  

De Bernard de Marigny, commandant des armées catholiques et royalistes, De La Rochejaquelein fils, Duhoux d’Hauterive, Sainte-Hermine, Donnissan, Dehargue, Lescure et De Bonchamps ont signé la lettre du 28 juin 1793. 

Rubrique : Mise en ligne

Date de publication : 16 octobre 2013

Retour en haut de page