Quand Noirmoutier sortit des eaux

1375, l’une des premières représentations de Noirmoutier sur le continent, et de Labaya en mer. 

On sait que la terre et la mer bougent, et que le profil des côtes varie suivant le caprice de la mer. Noirmoutier est cependant une île, de toute éternité, au moins à l’échelle de l’Histoire. Encore fallait-il s’en apercevoir ! 

La remarque ne vaut pas pour les autochtones, forts d’une expérience des lieux, mais pour les premiers cartographes, tributaires des aventuriers de la mer, ces navigateurs au long cours, aussi attentifs à tenir leur chemin balloté par les flots, qu’à éviter les périlleux récifs aux abords des côtes. 

Le nouveau livre de Patrick de Villepin témoigne de la progressive perception de la côte atlantique, et tout particulièrement de l’existence de l’île de Noirmoutier (Labaya, Noirmoutier, Yeu, baie de Bourgneuf et côtes vendéennes, Cartes marines depuis 1313, 2013, l’Armentier, coll. Patrimoine insulaire, 350 p., 55 €). 

C’est la prodigieuse attraction du grand commerce international vers le « sel de la Baie », à la fin du Moyen Âge, qui fit de Noirmoutier le repère d’une destination majeure. Les hautes toitures de l’Abbaye Blanche offraient alors un repère idéal, « Labaya » comme le note un cartographe pour la première fois en 1313. Patrick de Villepin s’est efforcé de recenser toutes les cartes dressées sur quatre siècles, et il reproduit les centaines de représentations de l’île qu’on leur doit. La toponymie et la topographie, approximatives, connaissent alors de belles avancées, mais aussi de graves régressions, allant jusqu’à rayer à nouveau l’île des cartes. Ce livre témoigne donc de la longue approche du terrain qui fut nécessaire aux navigateurs, aux cartographes et aux gouvernants pour établir que Labaya était tout simplement Noirmoutier. 

> RETROUVER L'INTÉGRALITÉ DU COMPTE RENDU DANS LES " PAGES D'HISTOIRE" 

Date de publication : 07 novembre 2013

Retour en haut de page