70 ans après la Libération, se souvenir de l'effort de paix d'Hélène de Suzannet

Le 17 septembre 1944, il y a 70 ans, la Vendée était libérée. Ce jour-là, les nouvelles autorités s’installèrent à la préfecture : Louis Joguet, président du Comité départemental de Libération (C.D.L.), et Léon Martin, préfet de De Gaulle. Mais ce temps de libération ne signifiait pas pour autant la paix et, l’année dernière, à l’occasion de cette même journée de commémoration, les Archives départementales publiaient sur leur site un article montrant l’effort de paix civile déployé par Louis Joguet et Léon Martin : l'union des Vendéens à la Libération. Ces deux personnalités vendéennes choisies pour refonder la République firent de la Libération un moment apolitique, passant sur les inclinations partisanes, pour installer durablement un régime dont ils avaient rêvé dans la clandestinité. 

Pourtant, en septembre 1944, la guerre se poursuivait et l’armistice ne fut signé que le 8 mai 1945. Comment alors consolider la paix et ne pas répéter le cycle de vengeance qui s’était développé après 1919 ? Des esprits libres issus de la Résistance se firent entendre et œuvrèrent à la réconciliation entre la France et l’Allemagne que scellera, des années plus tard en 1963, le traité de l’Elysée. C’est une de ces voix audacieuses que les Archives vous proposent d’entendre, cette semaine, en mettant en ligne une singulière page d’histoire. Il s’agit de l’article publié, en 1946, par Hélène de Suzannet en une de la grande presse sous ce titre : « Les aspects humains de la question allemande ». 

Avant de lire cet article ainsi que son commentaire par Thierry Heckmann, prenons connaissance de la citation qui lui est décernée avec la Croix de guerre au titre de la Résistance : « Agent d’un réseau en territoire occupé par l’ennemi. Française d’un grand courage et d’une admirable grandeur morale. Bien que veuve avec cinq enfants à sa charge, s’est affiliée à un réseau de résistance, et a hébergé et convoyé de nombreux aviateurs alliés. Arrêtée en juin 1943, n’a été libérée qu’en raison de son état de santé déficient. Membre du C.D.L. de la Vendée. A été élue le 21 octobre 1945, Député de la Constituante ». 

Ajoutons qu’elle a organisé le sauvetage d’enfants juifs en plaçant clandestinement plusieurs dizaines d’entre eux dans sa commune vendéenne de Chavagnes-en-Paillers. Membre du Comité départemental de Libération de la Vendée, elle a œuvré pour que des personnes compromises dans la collaboration aient droit à un procès équitable. Et, en 1946, elle prend la présidence du Comité français pour la Défense des droits de l’Homme. La même année, au retour d’un séjour outre Rhin, elle publie son article sur la question allemande

Consulter cette page d’histoire 

  

Pour mémoire, ressources en ligne sur cette période :

»  Inventaire des archives du Cabinet du préfet (1 W) et rapports numérisés sur les visites communales du préfet ( 1 W 50

» Dossiers thématiques réalisés pour le Concours national de la résistance et de la déportation

      •  La libération du territoire et le retour à la République (concours 2013-2014) 

      •  Communiquer pour résister, 1940-1945 (concours 2012-2013) 

      •  La répression de la Résistance en France par les autorités d'occupation et le régime de Vichy (concours 2011-               2012) 

      •  L'appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle et son impact jusqu'en 1945 : concours (2010-2011) 

» Guides de sources

     •  Réfugiés en Vendée entre 1939 et 1945 

     •  Travailleurs français mobilisés au service de l’Allemagne. Organisation Todt et STO (1942-1945) 

Date de publication : 12 septembre 2014

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