Faire et défaire… ou l’histoire du temple de Fontenay

Eglise Notre-Dame de Fontenay-le-Comte (1Num1/67-131) 

Fontenay-le-Comte, capitale du Bas-Poitou, cité des beaux esprits dans ce XVIe siècle naissant, participe de ce mouvement qui voit naître la société moderne.S’appuyant sur ce besoin d’émancipation intellectuelle et religieuse, le protestantisme y fait florès. Les conflits qui opposent catholiques et protestants tout au long des XVIe et XVIIe siècles marquent la ville de leur empreinte, et tout particulièrement un bâtiment emblématique : le temple des réformés. 

En 1579, les membres de l’Eglise réformée de Fontenay, réunis à Longèves, donnent procuration pour aliéner le local où se faisait le prêche avant la prise de la ville par le duc de Montpensier ( 213 J 1, vues 1-2). 

Ce temple, construit en 1568 à l’initiative du pasteur Claude Du Moulin, avait été détérioré sur ordre de Montpensier en 1574, celui-ci exigeant pour cette tâche l’emploi d’ouvriers huguenots. 

En septembre 1577, l’édit de Poitiers autorise le culte réformé dans les faubourgs d’une seule ville par bailliage ou sénéchaussée : le temple de Fontenay est donc transféré à Longèves. 

Alors que l’édit de Poitiers avait apaisé les conflits entre catholiques et protestants, Henri III, poussé par la Ligue, signe en 1585 le traité de Nemours qui révoque tous les édits de tolérance. Le roi de Navarre, sorti de La Rochelle en avril 1587, vient mettre le siège devant Fontenay qui capitule après huit jours seulement. En juin 1587, Jérôme Dubourg, nouveau ministre du culte réformé à Fontenay, prend possession de l’église Notre-Dame pour y faire le prêche. Sa restitution au culte catholique par édit de juillet 1597 oblige cependant les protestants à construire rapidement un nouveau temple. Jacob Raynesteau, Hilaire Vernède et André Garipault, pour l’Eglise réformée de Fontenay, passent des marchés pour la construction d’un temple et d’une maison dans la rue de la Vau à Fontenay-le-Comte, sur le site même du précédent temple ( 213 J 1, vues 3-6). La qualité de l’édifice souffre de cette précipitation et dès 1607, il faut procéder à d’importantes réparations ( 213 J 1, vues 7-8). 

Quinze ans plus tard, c’est par réaction à la seconde incursion de Soubise en Bas-Poitou que des soldats de la garnison et le peuple saccagent ledit temple, le 17 avril 1622. Après quelques mois de suspension du culte réformé, les commissaires du roi décident le transfert du temple au faubourg des Loges ; de nouveaux marchés de construction sont passés par les représentants de l’Eglise réformée entre 1623 et 1624 ( 213 J 1, vues 9-16). 

Ce lieu de culte reste en fonction jusqu’en juin 1685. Signe avant coureur de la persécution d’Etat, quatre mois avant même la révocation de l’édit de Nantes, le temple est fermé et les biens de l’Eglise réformée saisis au profit du nouvel hôpital général. 

Note sur Jean Gaudin de la main de B. Fillon ( 213 J 19

L’entrée du fonds Lemounier (213 J) aux Archives de la Vendée est l’occasion de retrouver une partie de la collection Benjamin Fillon retraçant l’histoire de Fontenay-le-Comte. 

Essentiellement composée de minutes notariales, elle raconte, à la manière pointilliste, les luttes entre catholiques et protestants qui minent la ville aux XVIe et XVIIe siècles (213 J 1-39). C’est sous la référence « document original de notre collection » que certaines de ces pièces apparaissent dans le Recueil de notes sur les origines de l’Eglise réformée de Fontenay-le-Comte de B. Fillon. 

Cette partie de la collection comprend aussi des notes de travail et de la correspondance de Fillon, notamment pour la rédaction de son ouvrage sur L’art de terre (213 J 40-41) et un recueil comprenant citations, pensées et copies de pièces (213 J 42), révélateur de sa méthode et de ses aspirations. 

Alors que les collections constituées par l’érudit fontenaisien ont été dispersées après sa mort, les pièces présentées ici sont celles restées dans la famille, de cœur tout au moins. Sa belle-sœur et héritière, Gabrielle Fillon les légua en effet à Charlotte Chessebeuf, épouse Lemounier, fille des domestiques de la Court-d’Aron, qu’elle avait élevée.  

  

  

Rubrique : Mise en ligne

Date de publication : 08 octobre 2014

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