La restauration, épisode 2

Une pièce restaurée (D 39). Du papier japonais a été utilisé pour combler la lacune.  

Un savoir-faire qui a des principes

Les Archives de la Vendée poursuivent la diffusion de leur série d’épisodes relatifs à la restauration. Le premier publié en juillet dernier montrait les altérations les plus fréquentes du papier avant tout travaux de restauration : déformations, déchirures, lacunes, feuillets collés, fragilité causée par le développement de moisissures. 

Le deuxième épisode est consacré à la déontologie de la restauration, c’est-à-dire aux règles qui régissent ce savoir-faire. 

La restauration d’un document consiste à assurer sa conservation dans le temps en respectant son intégrité originelle : les informations qu’il contient doivent être sauvegardées tout comme son support original. Cela passe par le respect de principes que l’on peut exposer de la façon suivante : 

  1. Choisir les traitements les plus minimalistes, une intervention directe sur une pièce d’archives n’étant jamais anodine.  

  2. Veiller à la stabilité de la restauration dans le temps. Il s’agit de vérifier la compatibilité des matériaux et produits utilisés avec les caractéristiques du document à restaurer.  

  3. S’assurer du meilleur degré de réversibilité des procédés employés. Autrement dit, il doit être possible de revenir en arrière en démontant la restauration sans dégrader le document original.  

  4. Rendre visible la restauration, les matériaux utilisés doivent être facilement identifiables. L’aspect esthétique n’est pas primordial, il s’agit surtout de redonner une solidité au document et de le rendre à nouveau communicable.  

  5. S’abstenir de toute manipulation entraînant une modification du document originel. L’histoire du document tel qu’il se présente au moment de sa restauration est à prendre en compte. Les textes disparus ne sont pas à réinterpréter ni à restituer. Les ajouts sous forme d’annotations ou de numérotations sont à conserver.   

  6. Documenter la restauration pour garder en mémoire les procédés utilisés. 

Pour illustrer ces principes, regardons de près une pièce restaurée. Il s’agit d’une minute notariale passée par Me Forestier, notaire à La Gaubretière, le 29 décembre 1778 (3 E 16/18). 

Recto de la minute restaurée... 

1. Le choix a été fait de restaurer ce document en comblant ses lacunes afin d’en permettre à nouveau la consultation. 

2. L'utilisation de papier japonais fabriqué à partir de fibres d'arbustes (principalement le mûrier) et fixé avec une colle neutre assure la stabilité de la restauration. 

3. Le procédé utilisé permet la meilleure réversibilité possible. Si on humidifie le document, il est possible de démonter le papier japonais. 

4. La restauration est visible. 

5. Les parties manquantes du texte ne sont pas restituées. 

6. On sait que le document a été comblé manuellement (et non mécaniquement) à l’atelier de restauration des Archives départementales de la Vendée en janvier 2006. 

 

  

   

... et son verso (3 E 16/18). 

  

  

  

  

  

  

Le prochain épisode traitera des différentes étapes de la restauration. 

Date de publication : 01 octobre 2014

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