Le souhait inaccessible de Chaissac

Dessin de Gaston Chaissac au dos duquel il écrit au directeur du haras de La Roche-sur-Yon (5 ETP 208) 

Gaston Chaissac arrive en Vendée en 1942, après son mariage avec Camille Guibert, d’origine vendéenne. Le couple s’installe alors à Vix, où Camille est institutrice. C’est là que nait Annie, leur fille. 

Il peint, sculpte, écrit même, mais son art, non reconnu encore, ne le fait pas vivre. Son métier de cordonnier non plus car les clients, comme la matière première en cette période de guerre, se font rares. Dès son arrivée à Vix, il adresse des demandes à l’administration pour être employé comme palefrenier auprès des haras nationaux. 

Vocation ou nécessité ? Ses lettres ne laissent aucun doute. Son amour pour les chevaux est certain. « Jeune adolescent j’avais déjà la vocation de ce que vous pourriez me permettre de devenir, j’habitais alors dans le voisinage d’une station d’étalons et m’occuper d’eux me faisait bougrement envie. Aujourd’hui je pense de même et n’ai le goût qu’à ça » confiait-il au directeur du haras de La Roche-sur-Yon, en novembre 1942. 

La précarité de sa situation le pousse à réitérer ses courriers au directeur et même au ministère. Chaque fois, c’est un refus. Les anciens militaires sont prioritaires pour obtenir ces postes, et ce n’est pas son cas. On lui oppose aussi son âge : Chaissac a déjà 32 ans lorsqu’il postule tandis que les journaliers sont recrutés à moins de 30 ans. Sa singularité, enfin,  pose question : « c’est un pauvre être ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales » dira l’inspecteur général des haras au ministre. 

Ce « drôle » d’interlocuteur mêle contes, poésies et dessin à ses courriers qui perdureront jusqu’au début des années 1950. Ils ont été précieusement conservés par le directeur du haras de La Roche-sur-Yon ( dossier 5 ETP 208). 

Retrouvez également d’autres écrits de cet artiste sur notre site 

  

Cliquez sur les images pour les agrandir  

Lettre au sous-préfet de Fontenay-le-Comte dans laquelle il détaille le nouvel usage qu’il fait des morceaux de papier d’emballage dans ses œuvres, 1954 (1 J 1871)  

Une de ses lettres pour demander une place de palefrenier, en 1942 (5 ETP 208) 

Date de publication : 16 juillet 2014

Retour en haut de page