La restauration, épisode 3

Papier japonais collé pour combler une lacune. 

Le comblage manuel d’une pièce en papier chiffon

Après la description des dégradations possibles du papier ( épisode 1), puis l’exposé des principes de la restauration ( épisode 2), ce troisième épisode s’attachera à détailler une technique souvent mise en oeuvre : la restauration d’une pièce en papier chiffon présentant une lacune, altération fréquemment observée dans les archives anciennes. Afin d’anticiper des dégradations ultérieures, l’intervention consiste à consolider le papier en comblant le manque soit manuellement soit mécaniquement. C’est le comblage manuel qui sera décrit ici tel qu’il est pratiqué aux Archives de la Vendée. 

Avant de détailler en images les étapes successives de cette intervention, précisons qu’elle est réalisée sur des papiers sains qui ne présentent pas de traces d’infestation par des moisissures et qu’elle est adaptée au papier chiffon. Composé de fibres textiles (lin, chanvre ou coton), le papier chiffon fut fabriqué jusqu’au premier quart du XIXe siècle avant d’être remplacé par le papier à pâte mécanique, les fibres textiles étant alors remplacées par la cellulose du bois. 

  

  

Nettoyage à sec par dépoussiérage et gommage 

Dépoussiérage 

Le dépoussiérage est une opération préalable indispensable qui permet d’éliminer en surface la poussière afin qu’elle ne s’incruste pas dans le papier. Des brosses ou pinceaux souples sont utilisés avec précaution pour ne pas accentuer les dégradations ou en engendrer de nouvelles. 

  

Gommage 

A la suite du dépoussiérage, un gommage est réalisé pour éliminer plus en profondeur des salissures ponctuelles. Il s'effectue à l’aide de gomme en poudre appliquée sur le document sans exercer une pression trop forte. Les particules résiduelles sont ensuite éliminées avec une brosse souple en poils de chèvre. Notons que le gommage ne se pratique pas sur des tracés trop fragiles risquant de s'effacer. 

  

  

Test de solubilité des encres 

Pendant les opérations de consolidation le papier sera humidifié, il est donc indispensable de vérifier au préalable que l’encre ne diffusera pas. Une goutte d’eau est déposée sur une partie encrée du document, puis la solubilité de l’encre est testée avec un buvard. 

  

  

  

  

  

Consolidation du papier ou comblage manuel de lacune 

Des papiers japonais spécialement fabriqués pour la restauration sont utilisés ; malgré leur légèreté, ils offrent une grande résistance par les fibres longues qui les composent. Le grammage du papier japonais coïncide avec celui de la pièce originale. De la colle est préparée en délayant dans l’eau de la poudre d’amidon de riz, ce qui assure sa réversibilité et sa neutralité. 

Découpe d’un papier japonais 

Le document à restaurer est placé sur une table lumineuse. Un papier japonais de grammage approprié est découpé avec un scalpel à la dimension de la lacune ; deux millimètres supplémentaires sont toutefois nécessaires afin d’assurer l’adhésion sur le document original. 

  

  

  

Encollage 

Pour procéder au collage des deux parties, les bords de la lacune et du papier japonais sont encollés avec un pinceau fin. Puis le tout est doublé par un papier japonais transparent de 9 grammes, l’encollage se fait alors à l’aide d’une brosse plus large. 

  

  

Séchage et réintégration 

Après une période de séchage, la pièce est réintégrée dans sa liasse d'origine pour de futures consultations en salle de lecture.  

  

Exemple d'une pièce restaurée 

Minute notariale de 1727 dont les lacunes ont été comblées au papier japonais (3 E 51/51) 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

 Consulter l'épisode suivant : Trains et travaux récents (avril 2015) 

Date de publication : 28 janvier 2015

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