11 novembre

commémoration du 11 novembre

Images d'un film amateur tourné à Chantonnay le 11 novembre 1930 (extraites du DVD réalisé par la Cinémathèque et les Archives de la Vendée) 

Armistice de 1918

En août 1914, c’est du simple fait des obligations liées aux alliances défensives, que les plus grandes puissances européennes entrent en guerre. Quatre années plus tard enfin, deux délégations, allemande et franco-britannique, signent un armistice. Cet accord met fin à un conflit qui a vu s’affronter une grande partie des pays européens et leurs colonies, auxquels se sont progressivement joints le Japon, l’Empire ottoman et les États-Unis. Les pertes humaines et les dégâts matériels de cette première guerre mondiale dépassent ceux de tous les conflits précédents. L’annonce d’un armistice est donc accueillie partout avec soulagement et émotion. 

Les positions immobilisées dans les tranchées manifestent longtemps l’équilibre des forces, tandis que l’intransigeance des buts de guerre n’offre aucune perspective. À partir de juillet 1918 seulement, l’Allemagne est en proie à des défaites militaires qui viennent accentuer de multiples difficultés intérieures (économie asphyxiée par le blocus naval, révolte des marins à Kiel, mouvements socialistes, abdication de l’empereur) et extérieures (effondrement de ses alliés bulgares, autrichiens et turcs). Le 4 octobre, son gouvernement approche les Alliés, qui se partagent entre partisans d’une simple évacuation des territoires occupés et ceux qui ne veulent qu’une capitulation sans condition. Une rencontre est finalement organisée le 8 novembre près de Compiègne, dans un wagon situé dans une clairière à Rethondes, entre des plénipotentiaires allemands, menés par le secrétaire d’État Erzberger, et une délégation alliée composée des généraux français, Foch et Weygand, et des amiraux anglais, Weymiss et Hope. Malgré des clauses très dures à l’encontre de l’Allemagne, cette dernière accepte l’accord permettant l’arrêt des combats dans l’attente d’un traité de paix. L’armistice est signé le 11 novembre tôt le matin et entre en vigueur à 11 heures. 

Parmi les termes de l’armistice, qui seront repris et développés dans le traité de Versailles le 28 juin 1919, figurent l’évacuation des territoires alliés de l’Ouest et de l’Alsace-Lorraine (perdue par la France à l’issue de la guerre de 1870), la réparation des dommages de guerre et l’occupation de la rive gauche du Rhin. En Allemagne, s’est répandue l’idée d’un coup de poignard dans le dos : le territoire était resté inviolé et l’armée n’avait pas été vaincue. La rigueur du traité fragilisa la jeune République qui l’avait signé. Le IIIe Reich, qui lui succéda, se nourrira du désir de revanche. Au cours du second conflit mondial, le 22 juin 1940, un nouvel armistice sera signé à Rethondes-même, en défaveur de la France cette fois-ci. 

Fête nationale depuis la loi du 24 octobre 1922, la journée du 11 novembre reste avant tout dédiée au souvenir des disparus, dont les noms chargent les monuments aux morts érigés dans toutes les communes françaises. Depuis le 11 novembre 1920, le plus célèbre de ces lieux de commémoration est la très symbolique tombe du soldat inconnu, située sous l’Arc de Triomphe, dans laquelle repose le corps d’un soldat français non identifié, représentant tous les soldats morts au cours de la Grande Guerre. 

Depuis la loi du 28 février 2012, le 11 novembre est devenu la journée de commémoration de tous les morts pour la France, non seulement pendant la Grande Guerre mais également lors de tous les autres conflits dans lesquels la France s'est engagée. Cependant, et comme le précise la loi, ce nouvel hommage ne se substitue pas aux autres commémorations nationales. 

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