18 juin

commémoration du 18 juin

Presse et tracts gaullistes transmis à la Préfecture pendant l'Occupation (1 W 98 et 1 W 103, pièces présentées pour illustrer le Concours de la Résistance et de la Déportation 2010) 

Appel du Général de Gaulle

Au cours de la campagne de France, du 10 mai au 25 juin 1940, la Wehrmacht remporte les batailles de la Meuse et de la Somme, encercle les troupes françaises de la ligne Maginot, entre dans Paris et occupe plus de la moitié du territoire national. Déjà le 16 juin, le chef du gouvernement Paul Reynaud est remplacé par le Maréchal Pétain, qui demande l’armistice dès le 17. Ce même jour, Charles de Gaulle, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre du cabinet Reynaud et fraîchement promu général, rejoint l’Angleterre par avion. Le lendemain, il lance son célèbre appel à la résistance sur les ondes de la BBC, à Londres. Refusant la défaite de la France, il invite les Français à poursuivre le combat. Ce discours fut suivi de plusieurs autres, puis de l’affiche « A tous les Français » avec laquelle on le confond souvent. L’appel du 18 juin est retranscrit intégralement ici. Ce message, très peu entendu et dont aucun enregistrement ne subsiste, constitue cependant l’acte fondateur de la Résistance française face à l’occupation allemande

Commémoré depuis la Libération, le 18 juin est officiellement institué, par un décret du 10 mars 2006, « journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi ». Ce décret, intervenant 66 ans après l’événement célébré, crée la plus récente des neuf commémorations nationales françaises, et porte à quatre le nombre d’entre elles liées au second conflit mondial (la Victoire de 1945 et les deux journées en mémoire des victimes de la déportation et des crimes racistes et antisémites). 

  

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »
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