5 décembre

commémoration du 5 décembre

Photographie de soldats français en Algérie, extraite du fonds Famille Courilleau (1 J 1832) 

Journée nationale d’hommage aux « Morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie (1952-1962)

En 1952, commence une période troublée dans les pays du Maghreb dépendant de la France, qui causera de nombreuses pertes de part et d’autre. La Tunisie et le Maroc sont alors sous protectorat, tandis que l’Algérie, intégrée au territoire national, est composée de départements. Dans la mouvance indépendantiste des colonies qui s’exprime en Afrique et en Asie, ces trois pays vont se soulever contre la France, affaiblie par la seconde guerre mondiale. En Tunisie comme au Maroc, les combats aboutissent à l’indépendance totale des deux pays en 1956. Les relations restent cependant tendues jusqu’en 1962, date de la fin de la guerre qui ensanglante l’Algérie voisine, depuis novembre 1954. Toutes ces opérations militaires en Afrique du Nord mobilisent des centaines de milliers de soldats français, appuyés par des formations supplétives constituées d’auxiliaires locaux, désignés globalement par le terme harkis. De 1952 à 1962, plusieurs milliers de ces combattants meurent en Tunisie, au Maroc et en Algérie, ainsi qu’un grand nombre de civils, notamment parmi les familles des harkis, cibles de représailles après les accords d’Evian signés en mars 1962. Ce sont toutes les victimes de ces conflits, militaires et civiles, auxquelles la journée du 5 décembre rend hommage, par l’application d’un décret de 2003 suivi d’une loi en 2005

L’institution de cette journée d’hommage en 2003, plus de 40 ans après les faits, trouve en partie son explication dans le traumatisme causé en France par la guerre d’Algérie – reconnue d’ailleurs tardivement comme telle, les termes officiels restant longtemps « opérations de maintien de l’ordre ». Une première cérémonie eut lieu le 5 décembre 2002 pour inaugurer, quai Branly, le mémorial national érigé en l’honneur des combattants morts pour la France en Afrique du Nord. L’année suivante, par décret du 26 septembre, c’est au 5 décembre qu’est fixée la journée nationale d’hommage pour ces mêmes « morts pour la France ». Ce choix d’une date neutre – ne correspondant pas à un événement militaire ou politique (le 19 mars, jour officiel du cessez-le-feu en Algérie, ayant également été proposé) – a été retenu par huit associations d’anciens combattants sur les dix réunies en commission à cet effet. Toujours en 2003, six mois plus tôt, un autre décret avait institué une journée d’hommage aux harkis, fixée au 25 septembre. 

Dans une même volonté de rassemblement et de reconnaissance, l’article 2 de la loi du 23 février 2005 associe à l’hommage du 5 décembre, rendu aux soldats décédés, « les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les population civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc ». 

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