8 mai

commémoration du 8 mai

Le 8 mai 1945 vécu et raconté par un soldat vendéen (extrait du journal de Lucien Violleau, 1 Num 253/14

Victoire de 1945

Entrée en guerre contre l’Allemagne le 3 septembre 1939, la France est vaincue au terme de la « guerre éclair » de mai-juin 1940. La IIIe République cède la place à l’ « Etat français » le 10 juillet. Contrairement au nouveau régime, installé à Vichy, des mouvements de résistance à l’Occupation allemande voient le jour. Leur organisation progressive, en particulier autour du général de Gaulle, installé à Londres puis à Alger, permet à la France de jouer un rôle actif dans la Libération

Ainsi, une armée française participe aux revers infligés par les Alliés aux forces de l’Axe à partir de l’automne 1942, notamment lors de la campagne d’Italie et les débarquements en Normandie puis en Provence. Pendant ce temps, la Résistance intérieure, gonflée par les nombreux réfractaires au Service du travail obligatoire, mène des actions visant à désorganiser les troupes allemandes pour faciliter l’avancée alliée. Cette participation à la victoire se traduit par la présence de signataires français aux côtés des Alliés: le général Sevez, lors d’un premier acte de capitulation signé à Reims le 7 mai 1945, puis le général de Lattre de Tassigny pour la capitulation générale signée le lendemain à Berlin. La reddition allemande est annoncée officiellement aux Français à 15 heures, le 8 mai, par un message radiophonique du général de Gaulle ; les cloches des églises sonnent la fin de la guerre et les 8 et 9 mai sont déclarés exceptionnellement fériés. Le conflit se poursuivra dans le Pacifique jusqu’à la capitulation japonaise, le 2 septembre, mettant un terme à six années de guerre ayant causé plusieurs dizaines de millions de morts à travers le monde. 

La célébration du 8 mai comme jour anniversaire de la victoire de 1945 connaîtra bien des aléas avant d’être inscrite à la liste des jours fériés par la loi du 2 octobre 1981. Dès 1946, une première loi instaure la commémoration « le 8 mai de chaque année si ce jour est un dimanche et, dans le cas contraire, le premier dimanche qui suivra ». Cette décision initiale privilégiait ainsi le 11 novembre (fêté à date fixe depuis 1922) dont les célébrations restaient plus importantes – la question d’une commémoration unique pour les deux conflits mondiaux sera d’ailleurs posée. Cependant, la coïncidence avec la fête de Jeanne d’Arc (le deuxième dimanche de mai) et le souhait des anciens combattants de célébrer la victoire à son jour anniversaire, motiveront l’instauration d’un jour férié en 1953. Six ans plus tard, le gouvernement fait marche arrière : dans le but de limiter le nombre de jours fériés en mai, la victoire de 1945 sera désormais célébrée le deuxième dimanche du mois. En 1965, le samedi 8 mai est déclaré exceptionnellement férié pour le 20e anniversaire de la victoire. De nouveaux débats aboutissent ensuite à un décret, le 17 janvier 1968, fixant la célébration le 8 mai, mais en fin de journée. Puis, en 1975, dans un esprit de réconciliation franco-allemande, le gouvernement propose de remplacer la commémoration de la victoire par une journée de l’Europe, en faisant du 11 novembre une journée nationale du souvenir. Les vives réactions qui s’en suivent, ainsi que la persistance, dans de nombreuses communes, de cérémonies officielles le 8 mai, aboutiront finalement, en 1981, à son insertion dans le code du travail parmi les jours fériés. 

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