Dernier dimanche d'avril

commémoration du dernier dimanche d'avril

Portrait d'Henri Pigeanne, résistant vendéen déporté à Neuengamme. Dessin extrait de ses papiers conservés aux Archives de la Vendée (63 J) 

Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation au cours de la guerre 1939-1945

Après la défaite de juin 1940, la France est progressivement occupée par le IIIe Reich. Ce dernier, bientôt appuyé par le régime de Vichy, mène une politique de répression, de plus en plus soutenue à partir de 1941, à l’encontre des résistants et des communistes. Aux arrestations succèdent les déportations dont l’importance augmente graduellement. Elles touchent également les Juifs et les populations jugées « inférieures », cibles d’une politique raciale. Le nombre de personnes déportées de France vers les camps de concentration et d’extermination nazis a pu être estimé à au moins 150.000. Plus de 100.000 d’entre elles n’en reviendront pas. 

La loi du 14 avril 1954, adoptée à l’unanimité par le Parlement, décide d’honorer la mémoire de tous les déportés français, qu’ils soient victimes de l’impérialisme germanique, en Europe, ou japonais, en Indochine. L’exposé des motifs de cette loi insiste sur l’importance « de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux ». 

Le souhait d’inclure au calendrier des commémorations nationales une journée du souvenir a été fortement exprimé, dès le début des années 1950, par les déportés survivants et les familles des disparus. La loi de 1954 répond à cette exigence neuf ans après la fin du conflit. Faut-il voir dans le consensus qui a permis son adoption assez rapide l’expression du fort traumatisme laissé dans tous les esprits ? Alors que les conflits précédents avaient surtout décimé les rangs des soldats mobilisés, la seconde guerre mondiale a plus longuement frappé des civils, hommes et femmes, engagés dans la résistance aux forces de l’Occupation, ou des familles dont le seul tort était de ne pas correspondre aux critères national-socialistes. 

Tout comme la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français, instaurée en 2000, la journée du souvenir des victimes de la déportation est fixée un dimanche. La date du dernier dimanche d’avril a été retenue ici car elle correspond à la libération de la plupart des camps par les troupes alliées au printemps 1945, et aussi en raison de son éloignement des autres célébrations déjà existantes. Ce n’est qu’après la libération des camps que furent révélées l’ampleur et l’horreur des crimes massifs qui y furent commis. 

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