1. L’écho de l’attentat de Sarajevo dans les journaux vendéens

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un nationaliste serbe. Cet événement est considéré depuis comme le déclencheur de la Première Guerre mondiale, car, en un mois, le jeu des alliances va précipiter l’Europe dans la guerre. 

  

À l’annonce de l’attentat, comment les journaux vendéens perçoivent-ils la gravité de la situation ? Comment, chacun avec leur sensibilité, traitent-ils l’information ? 

  

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Dans un billet d’une trentaine de lignes, Le Patriote se montre critique à l’égard du jeune prince et présente sa mort comme une funeste retombée de sa politique internationale. Il exprime sa crainte d’un « réveil des idées séparatistes » dans les Balkans, en appelant la paix de ses vœux : « Couronné empereur, François Ferdinand était un danger pour la paix Européenne. Sa mort peut également la compromettre, mais le risque à courir est si grand, et le besoin de paix si universel qu’il faut tout de même escompter qu’il ne sera pas troublé. » Le Vendéen revient en détail sur les circonstances du drame et se livre à un long panégyrique de la famille impériale. « En dehors des haines serbes », il s’interroge sur la probabilité d’un complot franc-maçon pour éliminer « un prince profondément chrétien ». Il est pourtant lucide sur les conséquences internationales de cet événement : « il n’est guère possible pour l’instant de les prévoir, mais il est certain que si l’empire d’Autriche-Hongrie se laissait entraîner sur l’excitation de cet attentat à une politique de représailles et de vexation contre les éléments slaves, la situation de la paix du monde en serait ébranlée. » Circonscrite aux chancelleries, cette crise ne semble pas devoir déboucher sur une crise militaire d’après le Journal des Sables : « Un attentat politique dont les conséquences vont porter le trouble dans les chancelleries de toute l’Europe. »
Le billet du « Patriote », Le Patriote, 5 juillet 1914, n°1727, p. 1, vue 21/24 Revue de la semaine. L’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche et ses conséquences possibles au point de vue international, Le Vendéen, 5 juillet 1914, n°1086, p. 1, vue 105/124 La semaine, Journal des Sables, 5 juillet 1914, n°27, p. 1, vue 126/158

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La Vendée républicaine se contente de décrire brièvement les faits dans un article bien peu politique. La Démocratie vendéenne se distingue en présentant longuement les motivations des auteurs de l’attentat et prophétise de graves tensions internationales : « De tels procédés provocateurs et violents, n'excusent pas le régicide : c'est entendu ; mais ils l'expliquent. À l'audace, sans risque officiel, des vainqueurs, les vaincus, égarés par la souffrance, répliquent par des tentatives criminelles. […] ils ont tué ; on les tuera. L'échafaud sera la réponse à la bombe et au revolver. Et après ?... La politique « de feu et de sang », appuyée sur des millions de soldats, servie par des millions d'engins meurtriers, imposera la terreur au monde. » La Croix vendéenne se contente de décrire les faits dans un article bien peu politique.
Assassinat de François Ferdinand, La Vendée républicaine, 4 juillet 1914, n°1576, p. 1, vue 109/212 Bombes et Revolvers, La Démocratie vendéenne, 5 juillet 1914, n°1412, p. 1, vue 1/4 La Croix vendéenne, n°1184, 5 juillet 1914, p. 1, vue 105/124

  

Rares sont les journalistes à entrevoir une issue militaire internationale à l’attentat de Sarajevo et, tout en le plaçant en première page, beaucoup traitent cet événement comme un fait divers tragique. 

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