4. La presse : témoin de la vie en Vendée

La Gazette des Ardennes, n° 26, 1er mars 1915 

La déclaration de guerre bouleverse la vie quotidienne. La presse se fait l’écho du départ des hommes et de l’arrivée des réfugiés et des « indésirables » [1], en mettant à profit chaque occasion, pour stimuler le courage des Français et pour stigmatiser l’inhumanité de l’adversaire. Elle relaie également des informations pratiques comme sur la correspondance ou les allocations et le prix des denrées. 

  

La presse allemande diffusée en territoire français occupé utilisera la même stratégie, en publiant par exemple des listes de prisonniers [2] ou en révélant le drame de la famille Duguy, de Mortagne-sur-Sèvre, dont dix fils sur onze sont mobilisés [3]

  

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Les articles relatant le départ des régiments, soulignent la dignité, l’assurance, voire la gaieté des hommes partant au front. C’est de là que naîtra la légende tenace d’un départ « la fleur au fusil ». Cette idée d’euphorie populaire est pourtant grossièrement mensongère. Les articles sur les « indésirables » insistent sur leur caractère violent. La presse relaie le témoignage des réfugiés belges arrivés en nombre à Nantes et dans l’Ouest, pour dénoncer l’horreur des actes commis en Belgique par les Allemands.
Départ du 137ème, La Vendée, 7 août 1914,n°6, p. 1, vue 27/606 Chez les indésirables, L’Étoile de la Vendée, n°2933-34, 27 septembre 1914, p. 4, vue 428/428 Ce que disent les Belges réfugiés à Nantes, La Vendée, 29 août 1914, n°26, p. 2, vue 108/606

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10 milliards de lettres seront échangées entre les soldats et les familles, créant un véritable lien vital entre deux mondes. La Vendée rappelle les modalités d’envoi des lettres et autres colis postaux. Comment subvenir aux besoins des familles en attendant le retour des hommes ? Dès le 2 août un décret, suivi le 5 d’une loi, va permettre « aux demandeurs qui justifieront que les soldats présents sous les drapeaux étaient réellement pour eux des soutiens de famille » de recevoir une allocation de 1,25 Fr. par jour avec une majoration de 0,50 Fr. par enfant de moins de 16 ans. Le prix maximum des denrées alimentaires est fixé par le gouvernement pour éviter une trop grande augmentation due à la pénurie.
La correspondance pendant la guerre, La Vendée, 7 août 1914, n°5, page 2, vue 25/606 Soutiens indispensables de famille, La Vendée, 10 août 1914, n°8, p. 3, vue 38/606, Le prix des denrées, La Vendée, 4 septembre 1914, n° 32, p. 3, vue 134/606

  

Septembre 2019 

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[1] Ressortissants des empires austro-hongrois et allemand, dont les Alsaciens-Lorrains, qui étaient présents en France à la déclaration de guerre. Ils furent internés dans des camps pour les éloigner du front. Deux dépôts majeurs sont créés en Vendée sur les îles d’Yeu et de Noirmoutier. 

[2] Voir sur le site :  La Gazette des Ardennes, source d’information majeure sur les prisonniers de guerre 

[3] La Gazette des Ardennes, n° 26, 1er mars 1915, page 6 

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