La perspective des Invalides

La porte monumentale, sur la place de la Concorde

Vue 1* : la porte monumentale, sur la place de la Concorde. 

La perspective des Invalides

Vue 2 : la perspective des Invalides. 

Plutôt que de photographier la porte monumentale (vue 1*) située à 500 mètres à peine, André Bujeaud a préféré immortaliser l’entrée dans l'enceinte de l'Exposition par les Champs Élysées, révélant d’emblée la magnifique perspective ouverte pour l’occasion sur les Invalides (vue 2). Il s’agit de l’un des projets phares de l’Exposition de 1900, destiné à éblouir le public par de grandes réalisations architecturales, tout en bouleversant l’urbanisme parisien. Ainsi, l’espace occupé par le palais de l’Industrie (construit pour l’Exposition universelle de 1855) a été entièrement repensé pour créer un axe reliant les Champs Élysées à l’hôtel des Invalides. L’ancien palais a donc été détruit et remplacé par deux nouveaux musées des Beaux-Arts, le Petit Palais et le Grand Palais, installés de part et d’autre de l’avenue Nicolas II (actuelle avenue Winston Churchill), elle-même prolongée par le pont Alexandre III. Cette nouvelle perspective parisienne a semble-t-il impressionné le Vendéen, comme le suggère ce commentaire : « Quant à l’entrée des Champs Élysées entre les deux palais, impossible de la prendre [en photographie], tellement c’est vaste ». 

À l’issue d’un chantier titanesque mené en seulement trois ans, le Grand Palais offre une magnifique et inédite alliance de la pierre, de l’acier et du verre, mêlant classicisme et Art nouveau (vues 3 et 4*). Face à lui, le Petit Palais (vues 5 et 6) est l’œuvre de l’architecte Charles Girault, qui avait également pour mission de coordonner les travaux des trois architectes du Grand Palais. Contrairement à la Tour Eiffel (initialement prévue pour être détruite à la fin de l’Exposition universelle de 1889), le Grand Palais et le Petit Palais sont édifiés dès l’origine pour durer et leurs affectations futures, en tant que lieux d’expositions artistiques, déjà déterminées. Ces deux bâtiments se révèlent être le coup de cœur d’André Bujeaud : « ces deux palais des Beaux Arts, le Petit surtout, sont beaux et ont des coins charmants et d’un goût parfait ».           

Le Grand Palais

Vue 3 : le Grand Palais. 

L’exposition de sculptures à l’intérieur du Grand Palais

Vue 4* : l’exposition de sculptures à l’intérieur du Grand Palais. 

L’entrée du Petit Palais

Vue 5 : l’entrée du Petit Palais. 

Le jardin intérieur du Petit Palais

Vue 6 : le jardin intérieur du Petit Palais. 

Le pont Alexandre III, le Petit Palais en arrière-plan

Vue 7* : le pont Alexandre III, le Petit Palais en arrière-plan. 

Le pont Alexandre III (vue 7*), baptisé ainsi en symbole de l'amitié franco-russe, est lui aussi remarquable, tant par la richesse de ses ornementations que par les prouesses techniques mises en œuvre pour sa construction. Plus large pont de la capitale (40 mètres), il enjambe la Seine d’une seule arche d’acier de 107 mètres… sans que son tablier ne forme de courbe pour ne pas nuire à la fameuse perspective ! 

  

  

Les palais de l’esplanade des Invalides

Vue 9 : les palais de l’esplanade des Invalides. 

L’esplanade des Invalides et, en arrière-plan, le pont Alexandre III et le Grand Palais

Vue 8* : l’esplanade des Invalides et, en arrière-plan, le pont Alexandre III et le Grand Palais. 

Une fois la Seine traversée, les visiteurs accèdent à l'esplanade des Invalides, longue avenue bordée de palais consacrés aux manufactures nationales, aux industries diverses ainsi qu’à la décoration et au mobilier. En venant du pont Alexandre III, l’esplanade est d’abord agrémentée de parterres floraux (vue 8*), avant de rétrécir pour atteindre 33 mètres de largeur (vue 9), distance qui fut parfois jugée insuffisante par certains contemporains estimant que la perspective vers l’hôtel des Invalides en souffrait. Le visiteur herminois formule quant à lui une autre critique esthétique, jugeant ces « cartonnades » fort laides. 

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