Quand le photographe prend la plume

Lettre du 12 juin (Arch. dép. Vendée, 156 J) 

Lettre du 12 juin (verso) 

André Bujeaud (1861-1943) se rend à Paris dans le courant du mois de juin 1900, apparemment du samedi 9 au mardi 26. Cet habitant de Sainte-Hermine est familier de la capitale pour y avoir vécu quelques années avec ses parents, Jérôme Bujeaud et Louise Boutet, décédés respectivement en 1880 et 1883. Installé à l’hôtel Lavenue, André passe la majeure partie de son temps à visiter l’Exposition universelle, seul ou accompagné de Louis Chatelain, son cousin éloigné. Le jeune homme de 38 ans, assez mélancolique (il est veuf depuis 5 ans), rend aussi quelques visites à sa tante et ses cousins Grimaux, ainsi qu’à la famille Moutard, dont il épousera la fille l’année suivante. 

Durant son séjour à Paris, André Bujeaud adresse trois lettres, les 12, 18 et 24 juin, à Amélie Chatelain. Cette dernière, qu’il appelle sa « petit’mère chérie », est la mère de Louis et de Marguerite, sa première femme. Dans ces lignes, André raconte ses visites à l’Exposition universelle, où il se rend presque tous les jours. Sa préférence va nettement aux deux palais des Beaux-Arts, dont il admire l’architecture, contrairement aux constructions éphémères des Invalides et du Champ de Mars. Il évoque aussi la foule immense – « que c’est grand, quel monde !! Et quelle foire ! Bien plus qu’en 89 » – qui se presse devant la multitude de sujets à découvrir : « il n’y a pas un coin de l’Exposition où on ne trouve quelque chose pour se distraire ».     

Dans sa correspondance, le photographe amateur fait également part de ses difficultés à réussir des clichés intéressants, révélant au passage sa volonté de « couvrir » la totalité de l’Exposition en images : « J’ai fait à peu près toutes les photographies à faire. Je trouve ennuyeux de faire tout, d’autant qu’il y a vraiment des monuments qui ne méritent pas les honneurs d’impressionner une plaque. On n’a pas tout le recul qu’on voudrait pour faire bien les choses et les anachronismes sont souvent d’un mauvais effet … Je pense bien qu’avec les photographies prises par Louis nous aurons une collection complète », « Il est fort difficile de faire de la photographie depuis quelques jours, le ciel est presque toujours voilé et je crains bien que mes dernières plaques ne soient pas très bonnes ». 

Lettre du 18 juin (verso) 

Lettre du 18 juin (recto) 

Lettre du 24 juin (verso) 

Lettre du 24 juin (recto) 

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