La genèse du projet et le choix du lieu

Georges Clemenceau, 1841-1929 (1Num25/5)

Vue 1 : Georges Clemenceau, 1841-1929 (1 Num 25/5, vue 3). 

Au sortir de la Grande Guerre, au cours de laquelle il avait incarné le courage et l’espoir – ce qui lui valut le surnom de « Père la Victoire » –, Georges Clemenceau (vue 1) occupait le poste de Président du Conseil. Très populaire sur le plan national, il inspirait notamment une grande fierté à ses compatriotes vendéens. Ces derniers émirent donc le souhait d’élever un monument en son honneur, le lendemain-même de la signature de l’Armistice ! 

Le télégramme à la Présidence du Conseil, 12 novembre 1918 (4 T 42)

Vue 2 : le télégramme à la Présidence du Conseil, 12 nov. 1918 (4 T 42). 

Un télégramme daté du 12 novembre, envoyé par le préfet de la Vendée au ministère de l’Intérieur, nous apprend que dès ce jour des « personnalités de diverses opinions » s’étaient réunies à son cabinet pour demander « la formation d’un Comité d’initiative en vue de l’érection en Vendée, d’une statue au Président du Conseil ». Un double du texte étant envoyé au cabinet de la présidence du Conseil (vue 2), il est certain que Clemenceau était au courant dès l’origine du désir exprimé si spontanément par ses compatriotes. 

Une première assemblée des notables eut lieu à la préfecture le samedi 23 novembre 1918, à 14 heures ; elle réunissait autour du préfet les principaux élus du département, ainsi que des personnalités de la Vendée, comme le président de la chambre de commerce, les représentants des sociétés mutuelles, des anciens combattants et des mutilés de guerre. Elle avait pour but de confirmer l’intention de lancer une souscription et de constituer un Comité chargé de la collecte. On aborda les problèmes du lieu de son érection, du choix du sculpteur et du sujet. Clemenceau, visiblement, semblait réticent, aussi le président du Conseil général de la Vendée, le Dr Pacaud, fut chargé d’adresser une lettre au chef de cabinet de la présidence du Conseil. 

Extrait de la lettre à la présidence du Conseil, 23 nov. 1918 (4 T 42)

Vue 3 : extrait de la lettre à la présidence du Conseil, 23 nov. 1918 (4 T 42). 

Dans cette lettre, cinq communes vendéennes se disputent l’honneur d’accueillir la statue projetée (vue 3). Parmi elles figure Mouilleron-en-Pareds, où Clemenceau vit le jour le 28 septembre 1841 – un demi-siècle (et deux pâtés de maisons) avant Jean de Lattre de Tassigny, autre nom devenu célèbre lors d’une autre guerre... 

Le château de l'Aubraie (carte postale Robuchon, 73 Fi 26)

Vue 4 : le château de l'Aubraie (carte postale Robuchon, 73 Fi 25/2). 

Le Tigre rejeta toutes ces propositions et imposa le choix de Sainte-Hermine. C’est à une lieue de là, au château de l’Aubraie, à Féole (vue 4), qu’il vécut la plupart des jours heureux de sa jeunesse, là qu’il venait passer ses vacances, là qu’il se sentit devenir adulte, quand son père lui confia ses premières responsabilités. C’est aussi à l’Aubraie qu’il se réfugia, dans la demeure paternelle, alors qu’il s’était fait remarquer à Paris pour son engagement politique contre l’Empire ; c’est là encore qu’il a décidé d’exercer la médecine après son mariage et son retour d’Amérique. Il y fut médecin de campagne entre 1869 et 1871. En tant que praticien, il la sillonna en tous sens, à cheval ou dans le cabriolet de son père. Il aimait beaucoup cette région et, accompagné d’amis, il allait à la chasse aux cailles dans la plaine herminoise ou dans le marais. 

Un Comité d’initiative du monument Clemenceau a été créé le 9 décembre 1918, peu de temps après que le projet d’érection eut été retenu par les personnalités locales. Il était chargé de recueillir les fonds de la collecte et de veiller à sa réalisation.  Le Comité eut pour président M. Tardif, préfet de la Vendée, et pour vice-président M. Bujeaud, maire et conseiller d’arrondissement de Sainte-Hermine, c’est-à-dire du lieu choisi pour ériger le mémorial. Après la nomination de M. Tardif comme préfet des Côtes-du-Nord, M. Bujeaud exerça dans les faits la fonction de président du Comité. 

Il fut décidé que cette œuvre commémorative serait payée par souscription vendéenne. Particuliers, anciens combattants, communes, associations, participèrent à cette collecte. Les souscriptions arrivèrent massivement au cours de l’année 1919. La commune qui se préparait à accueillir le monument n’était pas en reste, même si sa participation fut réduite en raison des frais engendrés par le remplacement de la bascule, dont la statue allait prendre la place (vues 5 et 6). 

Extrait d'une lettre du maire de Sainte-Hermine, André Bujeaud, 15 juin 1919 (4 T 42)

Vue 5 : extrait d'une lettre du maire de Sainte-Hermine, André Bujeaud, 15 juin 1919 (4 T 42). 

La place de la bascule à Sainte-Hermine, mai 1920 (83 Fi 2/1)

Vue 6 : la place de la bascule à Sainte-Hermine, mai 1920 (83 Fi 2/1). 

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