Trois villes vendéennes au début du XIXe siècle

Les deux plans suivants nous replongent au tout début du XIXe siècle, au temps où Fontenay-le-Comte était encore la plus importante ville du département, fraîchement évincée du titre de chef-lieu au profit de La Roche-sur-Yon, alors en plein chantier. Le dernier plan permet de connaître avec précision, à une date un peu plus tardive, le plan d'urbanisme du troisième chef-lieu d'arrondissement vendéen : Les Sables-d'Olonne. 

1809, une ville nouvelle en construction : La Roche-sur-Yon
Plan du cadastre napoléonien dit « primitif » de La Roche-sur-Yon, section E, feuille n° 1, 1809 (Arch. dép. Vendée, 3P_191_AD_009)

Plan du cadastre napoléonien dit « primitif » de La Roche-sur-Yon, section E, feuille n° 1, 1809 (Arch. dép. Vendée, 3P_191_AD_009). 

En 1809, la nouvelle ville de La Roche-sur-Yon est encore un vaste chantier. Erigée en chef-lieu du département de la Vendée par le décret du 5 prairial an XII (25 mai 1804), la modeste bourgade peine à devenir la ville de douze à quinze mille habitants souhaitée par Napoléon Ier. Ce dernier, soucieux de créer un centre administratif facilement accessible, a choisi La Roche-sur-Yon pour sa position centrale et a ordonné des délais très courts à sa construction. L’empereur, qui a accepté de donner son nom au nouveau chef-lieu, s’y rendra lui-même pour constater l’avancée des travaux le 8 août 1808. A cette date, l’actuelle place Napoléon n’est qu’un pré et les rues sont délimitées par des fossés. Seules la préfecture, l’auberge, la caserne et quelques habitations en pisé sont sorties de terre. 

La vieille ville (détail de la section E 1, ci-contre)

La vieille ville (détail de la section E 1, ci-contre). 

Un an plus tard, le plan parcellaire du cadastre commandé par ce même empereur révèle le retard dans la construction des bâtiments publics. La plupart des emplacements délimités à l’intérieur des cinq boulevards restent vides. Quant à l’ancien bourg, situé près de l’Yon, il se distingue aisément par un parcellaire anarchique à l’inverse du plan orthogonal de la ville nouvelle. 

  

 

  

  

1812, Fontenay-le-Comte et ses aménagements du siècle précédent
Plan du cadastre napoléonien dit « primitif » de Fontenay-le-Comte, section E de Notre-Dame, 1812 (Arch. dép. Vendée, 3P_092_AD_013)

Plan du cadastre napoléonien dit « primitif » de Fontenay-le-Comte, section E de Notre-Dame, 1812 (Arch. dép. Vendée, 3P_092_AD_013). 

La ville de Fontenay-le-Comte, bien que tout juste déchue de son statut de préfecture au profit de La Roche-sur-Yon, n’en reste pas moins la plus peuplée du département en ce début du XIXe siècle. Trois sections du nouveau cadastre sont nécessaires pour représenter le bourg de l’ancienne capitale du Bas-Poitou : la section D du Marchiou, la section E de Notre-Dame et la section F de Saint-Jean. 

L'ancien pont et le nouveau pont sur la Vendée (détail de la section E, ci-contre)

L'ancien pont et le nouveau pont sur la Vendée (détail de la section E, ci-contre). 

Sur la section E, une partie des aménagements qu’a connus la ville au XVIIIe siècle est visible, notamment le Pont-Neuf construit sur la Vendée en 1775, qui permit d’ouvrir une nouvelle voie de communication, désengorgeant ainsi la vieille ville et le Pont des Sardines. Les ingénieurs conçurent également sur cet axe la place d’Armes, aujourd’hui place Viète, du nom du célèbre mathématicien né à Fontenay-le-Comte en 1540. 

Vers l’ouest, la section E s’allonge – obligeant le géomètre à effectuer une partie du plan en décalage – pour englober le château de Terre-Neuve, nommé sur le plan « château de Saint-Lazard », en référence aux Lazaristes qui l’occupèrent pendant quasiment tout le XVIIIe siècle. 

  

  

1830, Les Sables-d’Olonne côté port
Plan du cadastre napoléonien des Sables-d'Olonne, section D du port, [1830] (Arch. dép. Vendée, 3P_194_AD_008)

Plan du cadastre napoléonien des Sables-d'Olonne, section D du port, [1830] (Arch. dép. Vendée, 3P_194_AD_008). 

La cadastration de 1830 divise la commune des Sables-d’Olonne en cinq sections : les sections A des Marais et B des Dunes, très peu urbanisées, la section C occupée par le bourg de la Chaume et les sections D et E sur lesquelles s’étend la ville. La section D correspond à la partie ouest de la ville. Cette dernière, comprise entre le remblai et le port, s’est développée le long de quelques rues parallèles, reliées entre elles par des ruelles souvent très étroites. 

L'église Notre-Dame de Bon-Port (détail de la section D, ci-contre)

L'église Notre-Dame de Bon-Port (détail de la section D, ci-contre). 

Les bâtiments publics sont indiqués sur le plan par un rose plus soutenu. Parmi eux figure l’église Notre-Dame-de-Bon-Port, située juste à côté des halles, à laquelle a été attribué le numéro de parcelle 689. Ce numéro permet de retrouver le nom du propriétaire de l’église – en l’occurrence la ville des Sables – dans l’état de sections. D’autres édifices publics sont identifiés sur le plan comme le grand calvaire, érigé face à la mer en 1821, l’hôtel de ville, l’école mutuelle, la prison et le palais de justice. 

Apparaissent également sur le plan de la section D les travaux récemment achevés dans le port, consistant en la construction des quais, d’une cale pour la construction navale et d’une estacade perpendiculaire au quai. En effet, après avoir été le premier port morutier de France, le port des Sables avait considérablement souffert des différents conflits de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle et ces travaux s’avéraient urgents pour relancer l’activité portuaire. 

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