Miscellanées

Avril 1897 : le président de la République en Vendée

Il y a 120 ans, du 20 au 27 avril 1897, Félix Faure, « le président voyageur », a visité l’Ouest de la France. Arrivé à la gare de La Roche-sur-Yon le 20 avril au matin, il rejoint Nantes, descend la Loire jusqu’à Saint-Nazaire, gagne Les Sables-d’Olonne et Rochefort par la mer, poursuit son périple jusqu’à Saintes, remonte à La Rochelle, puis s’arrête à Fontenay-le-Comte et à Niort, d’où il repart le 27 tard dans la soirée. 

Ce voyage marathon, annoncé à l’automne 1895, prévu en septembre 1896 puis reporté, est une première à plus d’un titre. Si cette visite constitue le premier voyage officiel d’un président de la République en Vendée, c’est aussi le premier déplacement d'un chef de l'État qui ait été filmé. Revenons sur l’organisation, le déroulement et les enjeux de ce voyage. 

Le détail de cette tournée est connu grâce au dossier conservé aux Archives départementales de la Vendée sous les cotes 1 M 546-547, aux comptes rendus des journalistes publiés dans la presse, à l’album souvenir édité la même année par P. Belon et P. Gers (Paris : Berthaud frères) et coté BIB 2476, et au film conservé par l’Institut national de l’audiovisuel. Tous ces documents témoignent de l'accueil fastueux réservé au chef de l'État. 

1916 : Armand Mercier, fusillé pour l’exemple

Pendant la Première Guerre mondiale, 8,5 millions d’hommes ont été mobilisés en France. Leurs parcours sont connus grâce à la correspondance ou aux journaux qu’un bon nombre d’entre eux ont rédigés. Depuis quelques années, les débats politiques et mémoriels, la littérature ou le cinéma, en centrant la réflexion sur le sort du soldat, ont fait émerger la figure du soldat victime, victime de la mort de masse ou de décisions arbitraires, qui s’incarne dans la figure du fusillé. Une approche souvent pathétique et la confusion courante entre fusillés et mutins, propulsent leurs situations dans un contexte bien différent (abolition de la conscription, exacerbation du droit individuel et du droit des victimes) et masquent la diversité des causes qui conduisent au poteau d’exécution. 

Le cas d’Armand Mercier, présenté ici, pourrait être qualifié d’ubuesque s’il n’avait pas une issue tragique. Il montre le fonctionnement de la justice en temps de guerre, et les raisons, parfois bien éloignées de toute idée antinationale ou antipatriotique, pour lesquelles des soldats ont été fusillés. 

Pour l'honneur ou pour l'argent ? Rivalité à Saint-André-Goule-d'Oie au XVIIe siècle

Qui est seigneur, plus exactement « seigneur fondateur » d’un bourg et de son église, avec droits de prééminence en icelle ? La question n'était pas mince sous l'Ancien Régime, dans une société aristocratique fondée sur l'honneur : à l'église, au cours de la grand-messe censée rassembler toute la population, le seigneur siégeait dans son banc, à une place d'honneur. On lui réservait les honneurs liturgiques (au moins un encensement particulier). La litre, ce bandeau noir peint en hauteur, à l'intérieur comme à l'extérieur, et juste coupé par intervalle de ses armes, habillait de deuil l'édifice à sa mort. Puis son corps rejoignait un endroit le plus proche du chœur. « Seigneur fondateur », donc héritier lointain de celui qui était censé avoir réuni un jour la population en communauté d'habitants et lui avoir octroyé les libertés qui sont à l'origine des communes actuelles, le seigneur était souvent aussi « patron » de l'église, c'est-à-dire qu'il désignait à l'évêque ses candidats à la cure. Or voici que cette fondation, à Saint-André-Goule-d'Oie, fut brusquement contestée... 

Joseph et Églantine, un couple de Vendéens dans la Grande Guerre

Entre 1914 et 1918, près de dix milliards de lettres ont été échangées entre les huit millions de mobilisés français et leurs épouses ou fiancées. Des échanges où se côtoient à la fois la tragédie de la guerre et l'ordinaire de la vie quotidienne, mais aussi l'intime et la foi. 

Eugène Ragot, natif du Manitoba et conscrit de Vendée, classe 1919

L'histoire de ce conscrit m’intriguait pour deux raisons : pourquoi quelqu’un, né au Manitoba (Canada), aurait-il été conscrit en Vendée, à moins que ses parents ne soient revenus en France à temps pour sa conscription ? Si c’est le cas, qu’est-ce que ses parents faisaient au Manitoba, et pourquoi en seraient ils revenus ? 

L’émigration française au Canada s’est portée essentiellement vers les provinces qui avaient déjà une large population francophone, c’est-à-dire vers le Québec ou le Nouveau Brunswick (l’Acadie d’autrefois). Le Manitoba n’abritait pas qu’une population de coureurs des bois venus du Québec, à la recherche de fourrures à vendre. L’histoire d’Eugène Ragot illustre le fait que cette population est aussi venue bien plus tardivement de France, de Belgique ou de Suisse, quand le Manitoba fut ouvert à la colonisation, après avoir accédé au statut de province du Canada, en 1870.  

Retour en haut de page