Miscellanées

Pour l'honneur ou pour l'argent ? Rivalité à Saint-André-Goule-d'Oie au XVIIe siècle

Qui est seigneur, plus exactement « seigneur fondateur » d’un bourg et de son église, avec droits de prééminence en icelle ? La question n'était pas mince sous l'Ancien Régime, dans une société aristocratique fondée sur l'honneur : à l'église, au cours de la grand-messe censée rassembler toute la population, le seigneur siégeait dans son banc, à une place d'honneur. On lui réservait les honneurs liturgiques (au moins un encensement particulier). La litre, ce bandeau noir peint en hauteur, à l'intérieur comme à l'extérieur, et juste coupé par intervalle de ses armes, habillait de deuil l'édifice à sa mort. Puis son corps rejoignait un endroit le plus proche du chœur. « Seigneur fondateur », donc héritier lointain de celui qui était censé avoir réuni un jour la population en communauté d'habitants et lui avoir octroyé les libertés qui sont à l'origine des communes actuelles, le seigneur était souvent aussi « patron » de l'église, c'est-à-dire qu'il désignait à l'évêque ses candidats à la cure. Or voici que cette fondation, à Saint-André-Goule-d'Oie, fut brusquement contestée... 

Joseph et Églantine, un couple de Vendéens dans la Grande Guerre

Entre 1914 et 1918, près de dix milliards de lettres ont été échangées entre les huit millions de mobilisés français et leurs épouses ou fiancées. Des échanges où se côtoient à la fois la tragédie de la guerre et l'ordinaire de la vie quotidienne, mais aussi l'intime et la foi. 

Eugène Ragot, natif du Manitoba et conscrit de Vendée, classe 1919

L'histoire de ce conscrit m’intriguait pour deux raisons : pourquoi quelqu’un, né au Manitoba (Canada), aurait-il été conscrit en Vendée, à moins que ses parents ne soient revenus en France à temps pour sa conscription ? Si c’est le cas, qu’est-ce que ses parents faisaient au Manitoba, et pourquoi en seraient ils revenus ? 

L’émigration française au Canada s’est portée essentiellement vers les provinces qui avaient déjà une large population francophone, c’est-à-dire vers le Québec ou le Nouveau Brunswick (l’Acadie d’autrefois). Le Manitoba n’abritait pas qu’une population de coureurs des bois venus du Québec, à la recherche de fourrures à vendre. L’histoire d’Eugène Ragot illustre le fait que cette population est aussi venue bien plus tardivement de France, de Belgique ou de Suisse, quand le Manitoba fut ouvert à la colonisation, après avoir accédé au statut de province du Canada, en 1870.  

Avant le traité franco-allemand de 1963, l'effort de paix d'Hélène de Suzannet

Nous avons célébré en janvier 2013 le premier demi-siècle du traité de l'Élysée, passé avec une nation naguère désignée comme notre ennemi héréditaire. S'il fallait encore consolider nos relations en 1963, il n'avait pas été simple auparavant de les envisager sur un mode pacifié. On n'y était pas arrivé après 1871 ni après 1919. Seuls pouvaient y contribuer des esprits libres, issus de la Résistance. Leurs voix audacieuses heurtaient inévitablement, après tant de souffrances endurées, mais elles disposaient de la légitimité conférée par une conduite héroïque et par la part prise au poids de souffrance générale. 

Telle se révèle Hélène de Suzannet dans un article publié en une de la grande presse, en 1946, sous ce titre singulier : « Les aspects humains de la question allemande »

L'union des Vendéens à la Libération : Nouveaux aperçus apportés par des inédits

La Vendée sortirait-elle plus divisée de la guerre qu'elle n'y était entrée ? Telle était bien la question face à laquelle se trouvaient les autorités, à la veille de la Libération. L'opinion, muselée durant cinq ans, pouvait éclater en courants d'autant plus antagonistes que, partout en France, depuis le débarquement allié du 6 juin 1944, montait un méchant vent de guerre civile. La collaboration se sentait menacée par l'affaiblissement militaire des Allemands. Ses défenseurs armés, au sein de la milice, en venaient à répandre la terreur en multipliant les assassinats. Face à eux et surtout aux Allemands, certains groupes de la Résistance, si diverse et à l'unité si fragile, pouvaient s'inscrire dans une tendance révolutionnaire. Ils pensaient arrivé le moment d'en découdre. Exerçant eux-mêmes la justice, ils étaient aussi déterminés à ce qu'on ne leur confisque pas une victoire qui serait militaire mais aussi politique. Le pouvoir encore en place dénonçait des terroristes. 

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