Seconde Guerre mondiale et reconstruction

L'union des Vendéens à la Libération : Nouveaux aperçus apportés par des inédits

La Vendée sortirait-elle plus divisée de la guerre qu'elle n'y était entrée ? Telle était bien la question face à laquelle se trouvaient les autorités, à la veille de la Libération. L'opinion, muselée durant cinq ans, pouvait éclater en courants d'autant plus antagonistes que, partout en France, depuis le débarquement allié du 6 juin 1944, montait un méchant vent de guerre civile. La collaboration se sentait menacée par l'affaiblissement militaire des Allemands. Ses défenseurs armés, au sein de la milice, en venaient à répandre la terreur en multipliant les assassinats. Face à eux et surtout aux Allemands, certains groupes de la Résistance, si diverse et à l'unité si fragile, pouvaient s'inscrire dans une tendance révolutionnaire. Ils pensaient arrivé le moment d'en découdre. Exerçant eux-mêmes la justice, ils étaient aussi déterminés à ce qu'on ne leur confisque pas une victoire qui serait militaire mais aussi politique. Le pouvoir encore en place dénonçait des terroristes. 

Avant le traité franco-allemand de 1963, l'effort de paix d'Hélène de Suzannet

Nous avons célébré en janvier 2013 le premier demi-siècle du traité de l'Élysée, passé avec une nation naguère désignée comme notre ennemi héréditaire. S'il fallait encore consolider nos relations en 1963, il n'avait pas été simple auparavant de les envisager sur un mode pacifié. On n'y était pas arrivé après 1871 ni après 1919. Seuls pouvaient y contribuer des esprits libres, issus de la Résistance. Leurs voix audacieuses heurtaient inévitablement, après tant de souffrances endurées, mais elles disposaient de la légitimité conférée par une conduite héroïque et par la part prise au poids de souffrance générale. 

Telle se révèle Hélène de Suzannet dans un article publié en une de la grande presse, en 1946, sous ce titre singulier : « Les aspects humains de la question allemande »

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