Seigneurs et seigneuries

Les femmes publiques et l'abbé de Lieu-Dieu

« Item ledit sieur abbé a droit de prendre, sur chacune femme publique étant ès dites foires, quatre deniers »… Stupeur, amusement ou scandale à la lecture de cette curieuse clause ! Elle apparaît au détour d’un acte relatif à l’abbaye de Lieu-Dieu en Jard (Archives nationales, S 4344, l.2, p.76). 

Pour l'honneur ou pour l'argent ? Rivalité à Saint-André-Goule-d'Oie au XVIIe siècle

Qui est seigneur, plus exactement « seigneur fondateur » d’un bourg et de son église, avec droits de prééminence en icelle ? La question n'était pas mince sous l'Ancien Régime, dans une société aristocratique fondée sur l'honneur : à l'église, au cours de la grand-messe censée rassembler toute la population, le seigneur siégeait dans son banc, à une place d'honneur. On lui réservait les honneurs liturgiques (au moins un encensement particulier). La litre, ce bandeau noir peint en hauteur, à l'intérieur comme à l'extérieur, et juste coupé par intervalle de ses armes, habillait de deuil l'édifice à sa mort. Puis son corps rejoignait un endroit le plus proche du chœur. « Seigneur fondateur », donc héritier lointain de celui qui était censé avoir réuni un jour la population en communauté d'habitants et lui avoir octroyé les libertés qui sont à l'origine des communes actuelles, le seigneur était souvent aussi « patron » de l'église, c'est-à-dire qu'il désignait à l'évêque ses candidats à la cure. Or voici que cette fondation, à Saint-André-Goule-d'Oie, fut brusquement contestée... 

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