À l’écoute du public : les enseignements de l’enquête nationale auprès des internautes

Quelle est la provenance géographique des internautes ? (carte de la province du Poitou et du pays d'Aunis, 1732, 7 Fi 24). 

Depuis deux décennies et la mise en ligne de l’état civil numérisé, les généalogistes ont investi le site Internet des Archives, et se sont éloignés de la salle de lecture de la rue Haxo. Cette désincarnation du public a réduit la connaissance empirique que les professionnels en avaient de par sa fréquentation quotidienne. Demeurent les échanges par mails, les projets collaboratifs, les rencontres en salle de lecture et les rendez-vous culturels, autant d’occasions dont la richesse nous encourage à poursuivre nos travaux. Néanmoins, le besoin de renouveler périodiquement la connaissance de notre public est essentiel. 

La précédente enquête nationale auprès du public des Archives remontait à l’hiver 2013-2014, et avait concerné 732 internautes. Il y a quelques mois vous avez été 701 à prendre le temps de répondre au questionnaire détaillé. Soyez en vivement remerciés. 

À en croire l’enquête, le public jeune paraît bien timide, et le plus âgé peine à se renouveler. Quels enseignements tirés de ces projections ? La consultation des documents d’état civil par les généalogistes a-t-elle atteint un pic ? Faut-il encourager d’autres usages ? 

À l'aube de la Semaine internationale des archives (7-11 juin 2021), retour sur cette enquête inédite. 

  

Un public curieux d’histoire

La pratique généalogique est sans doute l’une des plus belles réussites de démocratisation culturelle, de ces cinquante dernières années. Sa gratuité, associée à l’investissement massif des collectivités territoriales en faveur de la numérisation, a permis son essor. Cette vogue recouvre des profils sociologiques variés. En revanche, la pratique d’activités culturelles, fréquentes et variées autour de l’histoire, paraît être un intérêt commun à tous, même si vous avez été plusieurs à souligner l’inégalité des territoires en matière d’équipements culturels et les difficultés d’accès liées à la crise sanitaire. 

Un public fidèle

Les internautes fréquentent-ils aussi la salle de lecture à La Roche-sur-Yon ? (façade du bâtiment des Archives sur l'ancienne place de la Préfecture, carte postale, 6 Fi 687)  

Résidant majoritairement en Vendée ou dans les départements limitrophes (60 %), vous êtes des habitués du site (93 % sont déjà venus ; 43 % se connectent au site plusieurs fois par semaine ; 45 % ont mis l'adresse du site en favori). La fréquentation du site est souvent couplée à une venue en salle de lecture (53 %), dont vous appréciez la qualité de l’accueil. 

Bien peu de jeunes ?

Près de 70 % des personnes ayant répondu sont retraités. À cela rien d’étonnant, travailler sur des archives – et participer à une enquête en ligne – demande du temps, et c’est en retraite qu’on en a le plus. Du coup, les résultats paraissent un peu biaisés. Aux plus jeunes, il faut réunir tous ceux qui ont moins de 66 ans pour constituer un premier groupe composant 17 % des enquêtés ! Plus significatif paraît le rapport entre les trois tranches d’âges suivantes, en dépit de leur surreprésentation. Les plus de 85 ans sont encore 23 % des enquêtés, ce qui est tout à fait remarquable. Les 76-85 ans sont logiquement les plus nombreux (37 %), mais bien plus même que la tranche précédente des 66-75 ans (22 %). Cet écart énorme (de 37 à 22 %) dessine un effondrement de près de la moitié de l’effectif. À supposer qu’il faille en corriger de beaucoup l’incidence, il n’en reste pas moins qu’il paraît difficile qu’on arrive à l’inverser. À l’image des autres institutions culturelles, les Archives, et particulièrement celles de la Vendée, connaissent un vieillissement de leur public. 

Un public inégalement familier avec Internet

Si vous êtes quotidiennement connectés, vous êtes 15 % à ne pas (ou peu) envoyer de e-mails, 49 % à ne pas utiliser les réseaux sociaux, 41 % à ne pas utiliser Internet pour rechercher des informations pratiques. La « consommation » de données d’ordre généalogique est au cœur de vos pratiques numériques. 

Une activité de recherche majoritaire…

Quels sont les fonds numérisés les plus consultés ? Pour poursuivre vos recherches au-delà de l'état civil, consultez la page S'orienter dans les fonds d'archives.   

La consultation des documents numérisés est en effet ce qui motive votre venue sur le site (93 %). Cette recherche est d’abord généalogique pour 95 % des internautes. Vous êtes toutefois 28 % à consulter les instruments de recherche ouvrant sur d’autres sources, et 17 % à apprécier la rubrique « Actualités ». 

Nos efforts sont récompensés lorsque vous plébiscitez à plus de 90 % la qualité des images numérisées, les clés pour la recherche et la rubrique « Découvrir », et à 85 % la facilité d’utilisation des instruments de recherche. Vous êtes aussi 56 % à encourager les partenariats que les Archives de la Vendée tissent depuis des années avec d’autres institutions culturelles pour la numérisation de sources vendéennes. Merci ! 

… mais pas toujours facile à mener

Si vous êtes 85 % à déclarer avoir trouvé au moins partiellement l’information ou le document recherché et 87 % à souhaiter approfondir vos recherches, cette recherche a paru compliquée à 34 % d’entre vous, et le vocabulaire employé à 10 %. Le document que vous recherchez en vain est-il sur le site ? Vous êtes 34 % à vous interroger. Les lenteurs d’accès aux images dont vous vous plaigniez sont résolues. Ces difficultés expliquent sans doute que vous ne soyez que 56 % à envisager de conseiller le site des Archives à un proche. 

L’hétérogénéité des sites d’archives est une difficulté supplémentaire, mais chaque collectivité est maître des sites Internet qu’elle finance. 

Vos attentes

Vos attentes concernent ce qui peut faciliter la recherche : vous demandez des formulaires thématiques (65 %), un formulaire de recherche global (51 %), la possibilité de télécharger les documents (51 %), un espace d’échanges avec les autres internautes (54 %), la possibilité d’une participation collaborative (36 %), une meilleure ergonomie des visionneuses (36 %), une possibilité de numérisation à la demande (34 %), etc. Il est surprenant de noter que la plupart de ces services sont déjà disponibles, mais peut-être ne les connaissez-vous pas ? Nous y consacrerons les prochaines rubriques « Déclic » de notre lettre d’information. 

En cas de question ou de difficulté au cours de votre recherche, n’hésitez pas à utiliser le formulaire « Poser une question », nous vous aiderons avec plaisir. 

La meilleure visibilité de ces services passe par une refonte graphique et ergonomique à laquelle nous travaillons actuellement. Celle-ci ne concernera pas toutefois l’état civil. 

  

Cette enquête constitue un jalon dans la réflexion des Archives de la Vendée pour vous apporter plus de contenus en ligne, mieux décrits et mieux référencés et aisément accessibles grâce à la médiation des professionnels et au collaboratif. Merci encore d’avoir participé à l’enquête. 

Date de publication : 03 juin 2021

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