Au berceau de la photographie,

Julienne Bujeaud, photographiée par son père en 1902 ( 83 Fi 90, vue 12) 

quand la France « dote libéralement le monde entier » de cette invention révolutionnaire.

  

Le 19 août est la journée mondiale de la photographie. Cette date commémore un événement majeur dans l’histoire de ce procédé, aujourd’hui banal, qui a permis de fixer une image sur un support pérenne. C’est l’occasion de revenir rapidement sur l’histoire de cette technique et d’en profiter pour faire un tour d’horizon des fonds photographiques disponibles aux Archives de la Vendée. 

  

La photographie est née de la combinaison de deux procédés scientifiques : la chambre noire et la photosensibilité de certains composants (1). Le principe de la « camera obscura » – pièce sombre dont l’une des parois est percée afin de former sur la paroi opposée l’image inversée du sujet placé devant le trou – est décrit dès l’Antiquité. Par contre, le procédé chimique permettant de fixer l’image sur un support grâce à des composants photosensibles ne commence à donner des résultats satisfaisants qu’au tout début du 19e siècle. 

  

Un des deux daguerréotypes du fonds Bujeaud, [1839-1855], 83 Fi 204 

Le premier à fixer et conserver une image est le français Nicéphore Niepce, auteur de la première photographie positive au monde (baptisée héliographie) en 1822, après huit heures d’exposition. Son associé Louis Jacques Mandé Daguerre, décorateur de théâtre, perfectionne ses travaux et conçoit un appareil de prise de vue (le daguerréotype !) réunissant les deux techniques à la base de la photographie et réduisant le temps de pause à quelques minutes. L’État français acquiert le brevet de son invention, par l’entremise de l’astronome et homme politique François Arago. Ce dernier la présente devant l’Académie des Sciences, lors de la séance historique du 19 août 1839, qu’il conclue par ces mots : « Cette découverte, la France l’a adoptée ; dès le premier moment elle s’est montrée fière de pouvoir en doter libéralement le monde entier » (2)

    

La photographie a progressivement pris une place importante dans la vie quotidienne et se retrouve donc, naturellement, dans les archives, qu’elles soient publiques ou privées. Ainsi, il n’est pas rare de trouver des clichés à l’appui de certains dossiers administratifs – comme les permis de construire par exemple – et bon nombre de fonds d’archives privées des 19e et 20e siècles comportent des plaques de verre ou des albums photos. Il suffit de saisir « photographie » dans le moteur de recherche des Archives de la Vendée pour s’en rendre compte (plus de 4 000 ensembles de photographies dans 127 inventaires !). 

  

Mariage photographié par Constant Guesdon le 15 septembre 1924 ( 38 Fi 261)  

En ce qui concerne les fonds exclusivement iconographiques, l’état des fonds des documents figurés (série Fi) recense 49 fonds photographiques conservés aux Archives de la Vendée, dont 12 constitués de photographies aériennes. À ce jour, 21 d’entre eux sont consultables en ligne – cumulant près de 7 400 photos, tous supports confondus – soit au sein de l’inventaire des dessins, estampes et photographies isolées, soit dans les inventaires particuliers listés ci-dessous : 

  • Les photographies de la famille Bujeaud, domiciliée à Sainte-Hermine, 1850-1929 ( 83 Fi, 23 albums et près de 800 plaques de verre)
  • Le fonds Constant Guesdon, photographe à Chavagnes-en-Paillers, 1905-1955 ( 38 Fi, 1505 plaques de verres)
  • Le fonds des photographes fontenaisiens René Simonneau et Charles Petit, [1905-1968] ( 40 Fi 1, 549 plaques de verre)
  • Le fonds de la famille Piobetta, 1910-1969 ( 44 Fi, 391 tirages photographiques)
  • Les photographies de Jean Robuchon, avocat à Fontenay-le-Comte, 1922-1935 ( 40 Fi 2, 1925 plaques de verre stéréoscopiques)
  • Les photographies aériennes de Roger Henrard, 1948-1968 ( 23 Fi, 79 Fi et 82 Fi, 168 négatifs et épreuves) et de la société LAPIE, 1955-1959 ( 51 Fi, 31 tirages)
  • Les clichés aériens des missions de 1945 et 1950 de l’Institut géographique national ( 49 Fi et 37 Fi, environ 660 tirages photographiques)

   

Jacques Romain lors d’un carnaval en 1936 ( 1 Num 266/1

À ces fonds conservés aux Archives s’ajoutent ceux prêtés le temps de leur numérisation et destinés à être mis en ligne sous une cote 1 Num (représentant plus de 1 300 images), comme par exemple : 

  • Les photographies de Rome, [vers 1860] ( 1 Num 43, 77 tirages)
  • Le fonds Pierre Bart, 1914-1921 ( 1 Num 48, environ 400 clichés de la Première Guerre mondiale puis de Tunisie, du Liban et de la Syrie)
  • L’album de François Gérard, marin pendant la Seconde Guerre mondiale, 1932-1970 ( 1 Num 533, près de 630 tirages)
  • Les fêtes de quartier à La Roche-sur-Yon photographiées par Jacques Romain, 1936-1961 ( 1 Num 266, 142 tirages photographiques)

  

Comme annoncé dans l’actualité du 17 mars dernier, plusieurs fonds photographiques sont en cours de traitement pour enrichir l’offre en ligne. Les 51 plaques de verre sur La Roche-sur-Yon du fonds Rapilliard (63 Fi) sont déjà accessibles dans l’inventaire des photographies isolées ; les autres suivront et leurs publications ne manqueront pas de vous être annoncées. 

  

(1). Pour en savoir plus, se reporter à l’ouvrage intitulé : Guide de la photographie ancienne, de Thierry Dehan et Sandrine Sénéchal, Eyrolles, Paris, 2004 (BIB C 840). Voir aussi la première actualité consacrée aux plaques de verre en 2019. 

(2). Lien vers Gallica : Rapport de M. Arago sur le daguerréotype, lu à la séance de la Chambre des députés, le 3 juillet 1839, et à l'Académie des sciences, séance du 19 août | Gallica (bnf.fr) 

Date de publication : 18 août 2021

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