Les Filles de la Sagesse : une congrégation de femmes en Vendée

Chapelle des Filles de la Sagesse à Saint-Laurent-sur-Sèvre (176 J 107-2) 

Depuis 2015, dans le cadre d’un partenariat scientifique conclu entre le Département de la Vendée et la congrégation des Filles de la Sagesse, les Archives départementales sont chargées de la gestion et de la mise en valeur des archives historiques conservées au sein de la Maison-Mère de la Congrégation à Saint-Laurent-sur-Sèvre. 

  

Trois inventaires permettant de retracer l’histoire et les activités de la Congrégation sont d’ores et déjà en ligne : 

  

En complément de ces inventaires, les Archives de la Vendée vous proposent de découvrir en quelques chapitres, des épisodes marquant l’histoire, l’organisation et les actions de la Congrégation. 

  

  

CHAPITRE I. De la naissance à la reconnaissance officielle : les actes fondateurs de la Congrégation

  

1703-1715 : De Poitiers à La Rochelle, naissance de la Congrégation

Sœur Agathange relate, au début du premier volume des chroniques de la Congrégation, la manière dont, la jeune Marie-Louise Trichet, à peine âgée de 17 ans, décide en 1702, de se ranger sous la conduite de Louis-Marie Grignion de Montfort, alors aumônier de l’hôpital général de Poitiers.  

Marie-Louise Trichet naît en 1684 à Poitiers. Elle devient sous le nom de Mère Marie-Louise de Jésus la cofondatrice et la première supérieure générale des Filles de la Sagesse, congrégation religieuse au service des pauvres et des malades, dont elle institue la Maison-Mère à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée. 

Décédée le 28 avril 1759, ses reliques reposent dans la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre au côté de celles de son maître spirituel, Louis-Marie Grignion de Montfort. 

Elle est béatifiée le 16 mai 1993 par le pape Jean-Paul II. 

 

Louis-Marie Grignion de Montfort naît en janvier 1673 à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine). Il est ordonné prêtre en 1700.  

Prédicateur efficace, il sillonne l’ouest de la France pour porter la parole missionnaire. Il décède au cours d’une mission à Saint-Laurent-sur-Sèvre le 28 avril 1716. 

Il est le fondateur de la congrégation des Filles de la Sagesse et de la Compagnie de Marie (Pères montfortains), institutions situées toutes deux à Saint-Laurent-sur-Sèvre. 

Il est béatifié le 22 janvier 1888 par le pape Léon XIII et canonisé le 20 juillet 1947 par le pape Pie XII. 

C’est de la rencontre de ces deux personnalités que va naître la congrégation des Filles de la Sagesse vouée aux soins des pauvres et des malades et à l’instruction des enfants. 

En 1703, Marie-Louise revêt l’humble habit de grosse étoffe couleur gris cendré voulu par Louis-Marie Grignion de Montfort et prend le nom de Sœur Marie-Louise de Jésus. 

Pendant 10 ans, elle va œuvrer seule auprès des pauvres de l’hôpital de Poitiers avant d’être rejointe en 1713 par Catherine Brunet, Sœur de la Conception. 

En 1715, le Père de Montfort fait venir les deux sœurs à La Rochelle afin d’y instruire les enfants pauvres suivant le souhait de Mgr de Champflour, évêque de la ville. 

Cette même année, Louis-Marie Grignion de Montfort nomme Sœur Marie-Louise de Jésus supérieure générale de la Congrégation naissante, et dote celle-ci de sa première règle approuvée par Mgr de Champflour

La Congrégation est fondée. 

Règle primitive des Filles de la Sagesse ( FDLS E 4) 

Le mince livret d’une soixantaine de pages comprend quelques ratures dont la première dans le titre "Règle des Filles de la Sagesse ou de la Providence [mots rayés]" est peut-être le signe d’une dernière hésitation dans l’appellation de la Congrégation. 

Dans les premières lignes, Louis-Marie Grignion de Montfort expose la double finalité, spirituelle et charitable de l’institution : "la fin intérieure des filles de la Sagesse est l’acquisition de la divine sagesse, la fin extérieure est (…) 1° l’instruction des enfants (…). 2° le bon gouvernement des pauvres (…)". Il présente ensuite, les modalités de réception des sœurs (noviciat et profession), entre dans le détail des vœux et vertus nécessaires (pauvreté, obéissance, chasteté, silence…), décrit les emplois à tenir, en s’attachant particulièrement à celui de maîtresse d’école. Il conclut par l’élection de la supérieure et les "règles particulières de prudence et de charité [qu’elle] doit garder".  

Le texte est suivi de sept approbations épiscopales données entre 1715 et 1739.  

Approbations épiscopales de la "Règle primitive des Filles de la Sagesse" ( FDLS E 4)  

  

1719-1720 : Saint-Laurent-sur-Sèvre point d’ancrage de la Congrégation

Sœur Marie-Louise de Jésus songe à établir la Congrégation naissante à Saint-Laurent-sur-Sèvre auprès du tombeau de Louis-Marie Grignion de Montfort. 

Les habitants de la ville réunis en assemblée le 24 septembre, puis le 26 novembre 1719, acceptent l’établissement dans lequel les Filles de la Sagesse "se proposent par un effet de leur pure bonne volonté sans aucun engagement ni contrainte d’instruire les jeunes filles de cette dite paroisse, de soulager les pauvres qui pourraient s’y trouver" ( FDLS 1 F 1). 

En 1720, Sœur Marie-Louise de Jésus prend possession d’une petite habitation dite "maison longue" mise à sa disposition par Madame de Bouillé, bienfaitrice de l’œuvre. Les fondements de la Maison-Mère sont posés, la Congrégation va pouvoir peu à peu se développer et étendre son rayonnement. 

                                                                                                                                                                                            

Lettres patentes accordées par Louis XV ( FDLS 1 F 1)  

1773 : Reconnaissance civile de la Congrégation

Dès les années 1730, les supérieurs des congrégations montfortaines souhaitent obtenir par l’octroi de lettres patentes la reconnaissance officielle des instituts fondés par Louis-Marie Grignion de Montfort. Après plusieurs démarches infructueuses, c’est en mars 1773 que Louis XV accorde les fameuses lettres qui approuvent et confirment les deux établissements formés à Saint-Laurent-sur-Sèvre "d’une communauté de Prêtres séculiers sous le titre de Prêtres missionnaires du Saint-Esprit [et] d’une Communauté de Filles sous le titre de Filles Hospitalières dites de la Sagesse". 

  

  

  

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Date de publication : 23 février 2022

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