Sous les feux de la rampe : ils enquêtent sur le théâtre amateur vendéen des années 1940 à 1970

Le théâtre de patronage est bien implanté en Vendée : troupe photographiée par Constant Guesdon, à Chavagnes-en-Paillers. Retrouvez d'autres troupes immortalisées par le photographe ( 38 Fi). 

À la fin du XIXe siècle, les patronages se multiplient, et montent des pièces de théâtre pour occuper les jeunes pendant l’hiver et financer les écoles. L’organisateur de ces « séances récréatives » est souvent le curé ou l’instituteur – qui veille aussi à la morale –, les acteurs sont les jeunes du pays, et la scène est installée à l’occasion des fêtes scolaires dans une des salles de classe aménagée pour la circonstance. On interprète de petites comédies, des pièces historiques ou religieuses, mais les pièces ne sont pas mixtes. Les bulletins paroissiaux, La Semaine catholique du diocèse et le Bulletin de l'instruction primaire témoignent de la diversité et la fréquence des pièces jouées, de la préoccupation des costumes, etc. 

La Deuxième Guerre mondiale va marquer un tournant dans le théâtre vendéen. Résistant à la concurrence du cinéma, de la radio puis de la télévision, il connaît une pratique massive et mieux organisée. Dorénavant, les mises en scène sont bien réglées, les décors soignés, les acteurs ont gagné en naturel… Progressivement les troupes vont prendre leur indépendance vis-à-vis de l’Église. Parallèlement, Jean Yole, au faîte de son talent, achève son « Théâtre de la terre ». 

  

Règlement signé par l'évêque de Luçon en décembre 1947 et diffusé dans la Semaine catholique du diocèse de Luçon 

Les anecdotes sur ces séances fourmillent dans la mémoire populaire, mais qu’en est-il des archives ? Cette pratique culturelle populaire, toujours bien vivante, semble peu documentée car elle a échappé à la tutelle administrative de l’État et ses supports matériels de diffusion, composés pour beaucoup d’éphémères (programmes, affiches, livrets, photographies…), ont été perdus. 

Grâce au travail opiniâtre d’enquête et de collecte d’un universitaire désormais à la retraite, Michel Poupin, soutenu par Jacques Migozzi, professeur à l’Université de Limoges, un fonds documentaire sur le théâtre amateur vendéen a été constitué, et est hébergé par le Service commun de la documentation de l’Université de Limoges et sur un site internet dédié. Ce fonds comprend des pièces d’abord recueillies dans le cadre d’une enquête centrée sur Le Gué-de-Velluire, bientôt élargie à d’autres communes : Antigny, Bazoges-en-Pareds, La Flocellière, Vix... 

On y trouve : 

  • environ 300 livrets publiés chez de petits éditeurs spécialisés ;
  • des cahiers manuscrits sur lesquels ont été recopiés les différents rôles à tenir avec les didascalies afférentes ;
  • des documents iconographiques ;
  • des programmes manuscrits ou imprimés de représentations ;
  • des transcriptions d’entretiens réalisés auprès de témoins.

L’ensemble est appelé à s’enrichir par de nouveaux dons ou de nouvelles recherches en archives. 

  

Fonds du théâtre amateur vendéen :  https://www.unilim.fr/theatre-amateur-vendeen/  

Contacts : https://www.unilim.fr/theatre-amateur-vendeen/125 

Pour approfondir : Texte de la communication donnée par Michel Poupin et Jacques Migozzi, à un colloque de l’Université de Lausanne d’avril 2021 :  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03263650/document 

Date de publication : 24 décembre 2021

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