Cession du temple de Fontenay le Comte, 17 août 1624

Pour financer la construction d’une prison à Fontenay, le roi avait taxé la ville à 8000 livres. Les habitants catholiques de celle-ci se dégagent par cet acte de cette charge – du moins pour la proportion les concernant – en offrant le terrain et le bâtiment nécessaires, mais à la condition qu’ils soient exclusivement affectés à cet usage, car des marchands leur en ont proposé un bon prix. Il se trouve que ces lieux sont l’ancien temple des protestants et la maison du ministre de ces derniers. Ces immeubles venaient d’être acquis par les catholiques de la ville, qui avaient offert aux réformés de déménager leur lieu de culte dans des maisons et jardins acquis dans cette intention au faubourg des Loges. Le nouvel emplacement étant de valeur moindre, il avait fallu verser aux protestants une compensation financière au moyen d’emprunts dont l'acquittement est laissé à la charge du fisc. Il s'agit de 4250 l. empruntées à Marguerite de Saint-Micheau le 11 septembre 1623, et de 1700 l. à Marie-Pierre, veuve d'André Dubois. Ces deux sommes paraissent former le montant de la compensation financière, en dehors même de la valeur du nouveau temple, payé 950 l. aux héritiers de la veuve de Robert Deron. À tout cela s’ajoutent les droits de mutation dus aux seigneurs des fiefs du Pâti et de la Guigneraie. 

L’accord passé en présence de Jean Collardeau, sieur de la Mongie et procureur du roi à Fontenay, est entériné entre d'une part Jacques Gouin, sieur de la Mesnardière, Pierre Robert et Isaac de Ryé, ce dernier procureur syndic desdits habitants, tous les trois fondés de pouvoir par délibération d'une assemblée des catholiques tenue le 1er août 1624 au banc de la fabrique de l'église Notre-Dame, et d'autre part Jean Robion, sieur de la Nerbonnière, délégué pour cette affaire par les trésoriers de France en la généralité de Poitou. 

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